10 conseils pour leur inculquer de bonnes habitudes alimentaires

De nos jours, l’heure des repas n’est plus une tâche, mais bien un loisir. Les Québécois semblent de plus en plus sensibilisés à faire de ces moments, des instants de découvertes et d’échange. De bonnes habitudes alimentaires, ça se développe dès l’enfance.
Par Mélanie Magnan

  1. Inclure ses enfants dans les préparatifs des repas. Dès 2ans, la plupart des enfants peuvent accomplir de petites tâches avec de l’aide. Ils peuvent par exemple laver les fruits et légumes ou encore verser ou mélanger des ingrédients prémesurés dans un bol. Oui, c’est parfois salissant, mais le jeu en vaut grandement la chandelle. Lorsque les enfants participent à la préparation des repas, ils découvrent de nouvelles odeurs, saveurs et textures et sont normalement beaucoup plus réceptifs à essayer de nouvelles recettes par la suite. Ils se sentent aussi valorisés et sont fiers d’avoir contribué au repas pris en famille.
  2. Établir un horaire de repas et le respecter. Puisque les enfants sont sécurisés par la routine, il est important d’offrir chaque jour trois repas ainsi que deux ou trois collations à heures fixes. Le fait de savoir qu’ils auront toujours accès à de la nourriture à intervalle régulier permet aux enfants de manger à leur juste faim tandis que si l’horaire est instable, les enfants auront tendance à trop manger de peur de manquer de nourriture par la suite. Selon le même principe, on évite d’offrir des grignotines à volonté pendant toute la journée à notre enfant puisque cela nuit à l’écoute de ses signaux de faim et de satiété. Notre enfant risque aussi d’avoir moins faim une fois l’heure du «vrai» repas arrivée et de lever le nez sur son assiette. Il est important que les enfants apprennent à reconnaître les sensations physiques associées à la faim afin de comprendre qu’ils doivent manger lorsqu’ils ressentent ces signes et non lorsqu’ils s’ennuient ou ressentent l’envie de manger.
  3. Offrir des repas équilibrés. Partant du principe que les parents sont les chefs de famille, et donc responsables de décider ce qui sera offert au menu, on s’assure d’offrir des repas équilibrés en plaçant des légumes dans le premier tiers de l’assiette, des produits céréaliers dans le deuxième tiers et finalement un aliment riche en protéines (viande, poulet, poisson, œuf, tofu, légumineuses) dans le dernier tiers. On vient compléter avec un verre d’eau ou de lait et on sert comme dessert un fruit ou un yogourt.
  4. Respecter les signaux de faim et de satiété de nos enfants. Au même titre que le parent est responsable de l’offre alimentaire (le «quand» et le «quoi»), chaque enfant est responsable de la quantité d’aliments qu’il consomme (le «combien»). On ne doit jamais forcer un enfant à manger s’il n’a pas faim. Par contre, il doit être clair que s’il refuse de manger, il devra par la suite attendre à la prochaine collation ou au prochain repas pour satisfaire sa faim. Nous nous inquiétons parfois trop en tant que parents. Les pédiatres vous le répèteront… Un enfant ne se laissera jamais mourir de faim.
  5. Rester positif. On interdit les qualificatifs négatifs tels que les «c’est dégueu» à la table. On encourage nos enfants à décrire ce qu’ils n’aiment pas, par exemple la saveur ou la texture. On évite aussi de catégoriser les aliments en bons ou mauvais ou pire encore, d’en diaboliser certains. Par exemple, au lieu d’interdire les biscuits, on privilégie ceux cuisinés maison à ceux du commerce.
  6. Servir de modèle à nos enfants. On se méfie des comportements du type «faites ce que je dis et non ce que je fais». Les enfants adorent nous imiter. Ils seront beaucoup plus enclins à manger leur brocoli s’ils nous voient en faire de même. Pareillement, ils voudront grignotter en soirée si cette habitude fait partie de notre quotidien.
  7. Éteindre la télévision et manger à table en famille. Il est prouvé que lorsqu’on mange devant la télévision, notre apport calorique excède souvent nos besoins puisque nous sommes moins à l’affut de notre signal de satiété. On privilégie donc les repas à table et en famille pour réduire le risque d’obésité.
  8. Oser essayer de nouveaux aliments. On tente d’offrir chaque semaine de nouvelles opportunités de goûter à de nouveaux aliments à nos enfants. Il peut s’agir d’un fruit à l’allure bizarre que fiston a repéré à l’épicerie ou encore d’un plat d’une autre culture dont chéri a entendu parler. On ne se décourage pas devant nos petits mangeurs plus difficiles et on garde en tête qu’un enfant peut être exposé jusqu’à 50fois à un aliment avant de l’accepter. On souhaite que notre enfant goûte à quelque chose de nouveau, mais on reste conscient que c’est possible qu’il n’aime pas ça. Pour rassurer notre enfant, lorsqu’on offre un nouvel aliment, on prend aussi le soin d’en placer un qu’il connait et qu’il aime dans son assiette. On évite ainsi les crises de panique puisque l’enfant sait qu’il peut se tourner vers cet aliment s’il n’aime pas le nouveau.
  9. Rendre l’alimentation amusante, «point final». On met l’accent sur le positif dans l’activité repas avec nos enfants et on tente d’éviter d’accorder trop d’attention négative aux comportements qui nous plaisent moins. On travaille certains points faibles à l’extérieur des repas, par exemple en simulant un repas avec une cuisinette ou encore en travaillant la manipulation d’ustensiles dans le bain. On pourrait aussi jouer au restaurant pour mieux cerner leurs goûts, planifier une chasse au trésor à l’épicerie ou encore organiser une compétition de cuisine à la maison.
  10. Se référer à un professionnel. Pour toute question sur l’alimentation de nos enfants, on valide nos inquiétudes avec une nutritionniste. Rares sont les enfants qui mangent réellement «trop» ou «pas assez» et on souhaite éviter de leur transmettre nos craintes. Une rencontre avec un professionnel suffira à nous rassurer ou nous fournira les outils nécessaires pour gérer une problématique réelle. Dans un cas comme dans l’autre, il est préférable de consulter plus tôt que tard pour prévenir les troubles d’alimentation, quels qu’ils soient.

Mélanie Magnan, Dt. P.
Nutritionniste
Membre du réseau nutrition familia
www.nutrimini.com


Paru dans Bébé, Automne 2016

Pin It on Pinterest

Share This