Abécédaire de la conciliation travail-famille

Abécédaire de la conciliation travail-famille

Pas évident de concilier famille et travail lorsque les deux parents travaillent à l’extérieur et que la famille est éloignée. Au fil des ans, j’ai mis en pratique des trucs et trouvé des moyens pour nous aider, mon mari, nos deux enfants et moi, à vivre un quotidien organisé, équilibré et centré sur notre famille.
Par Martine Desautels

Bien qu’imparfait, mais parfait pour nous, je vous partage donc aujourd’hui mon abécédaire de la conciliation travail-famille.

Apprendre à dire non. On ne peut accepter toutes les fêtes d’enfants (parfois 2 ou 3 en 24 heures), les sorties, les rendez-vous au parc, les joutes sportives, les BBQ ou les soirées entre amis. On doit choisir.

Briser l’isolement. Lorsque l’on est seuls et que notre famille est éloignée, l’on doit se bâtir un réseau, se créer une nouvelle «famille». Pour ce faire, il faut s’ouvrir aux autres et amorcer les conversations. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Au fil du temps, nous nous sommes créé de belles amitiés et avons bénéficié, de part et d’autre, de l’aide souhaitée. Souvent, l’aide débute par un échange de service et de fil en aiguille, chacun utilise ses compétences pour aider l’autre. Je me rappelle de mon mari, habile en informatique, qui avait fait le CV d’une collègue en échange de sucre à la crème, dessert que nous devions apporter à une fête. Aussi, une voisine qui s’est occupée de Fiston une nuit où je croyais accoucher de Fillette. Il n’est pas facile de demander de l’aide, certes, mais il faut oser. Amis, collègues, voisins, garderie, école, organismes communautaires, CLSC, les ressources sont là. Il faut s’en servir.

Cuisiner, préparer des repas à l’avance, doubler ou encore même tripler les portions. En plus de nous simplifier l’heure des repas, cette astuce nous permet de garnir le congélateur et d’avoir de savoureux lunchs. Amoureuse des livres de recettes, je planifie les menus pour la semaine et prépare ma liste d’épicerie en conséquence. Par exemple, avec une grande portion de poulet, je popote un burger, une soupe ou une salade repas et un couscous. Le dimanche, avec un petit verre de vin (ou deux) nous cuisinons pour le début de la semaine et parons tous les légumes. Bien entendu, nous sollicitons l’aide des enfants pour la coupe! Il arrive aussi qu’ils cuisinent le souper. Un grilled-cheese, des crêpes ou des céréales pour souper? Pourquoi pas! Devant la télé, c’est encore mieux!

Déléguer les tâches en incluant les enfants. Selon leur âge, les enfants peuvent donner un bon coup de main aux tâches domestiques. Autour de 18 mois, un enfant peut ranger ses jouets, aller porter des vêtements dans un panier, placer ses chaussures. Sous forme de jeu, c’est encore plus amusant! Plier les débarbouillettes, faire son lit, desservir la table, vider le lave-vaisselle, sortir le recyclage ou le compost sont de petites tâches qui peuvent paraître anodines, mais qui donnent tout un coup de main.

Établir nos priorités. Pour nous, accompagner Fiston ou Fillette à son activité sportive (je dis bien «son», car dans nos priorités, nos enfants n’ont pas d’horaires trop chargés) est plus important que passer l’aspirateur ou laver les fenêtres. Bon, on voit pas trop à l’extérieur et c’est poussiéreux, mais on assume. Il est aussi arrivé à mon mari de refuser une promotion afin d’être présent pour les enfants le matin et en début de soirée. Moi, de refuser des projets afin d’être présente les weekends.

Fuir les commerces lors des heures d’affluence. Faire les courses dans la foule augmente mon niveau de stress et me fait faire des achats irréfléchis. Je privilégie les fins de journée et parfois même les heures atypiques. Il m’arrive de faire l’épicerie à 22h lorsque je n’ai pas sommeil. Pour les achats de la rentrée, je choisis souvent le lundi soir vers 20h30. Je suis pratiquement seule et peux obtenir facilement l’aide d’un commis. Nous avons aussi commencé à magasiner en ligne. On privilégie les entreprises québécoises et les achats locaux. Je pense même adhérer à la livraison de paniers de fruits et légumes bio. On peut même les faire livrer à la maison ou au travail.

Grouper nos rendez-vous. Que ce soit chez le dentiste, l’optométriste, la coiffeuse, on y va en groupe! On «perd» ainsi un 2 heures dans une journée au lieu de 45minutes/1 heure quatre jours différents. On gagne aussi le temps de transport et je trouve le moyen de finir ça au resto.

Harmoniser les horaires. Cette année, Époux s’occupe de Fiston le matin et moi de Fillette puisque nous ne commençons pas tous à la même heure. Au retour des classes, je suis tôt à la maison. Lorsqu’Époux arrive, il s’occupe du souper et moi, d’autres tâches tout aussi enlevante! On examine aussi les possibilités de faire des 2 ou 3 dans 1 selon notre horaire. Je peux conduire Fiston à sa pratique de soccer, faire quelques courses à la pharmacie et corriger les dictées de mes élèves, dans l’auto, en attendant la fin de la pratique tandis que papa accompagne Fillette à sa partie de soccer.

Installer une routine tant au lever, pour que ça roule vite et bien, qu’au coucher, afin que tous soient en forme le lendemain. Lorsque les enfants sont plus petits, on peut accompagner la routine de pictogrammes. On peut aussi dessiner dans le miroir de la salle de bain, à l’aide de crayons pour fenêtres, la routine du bain et du brossage de dents. Ici, avant le dodo, on se colle dans mon lit pour lire. On évite la télévision et la tablette. On accorde des permissions spéciales lors des congés en échange de petits services!

Jeter, donner, recycler, classer au fur et à mesure. Au début, la tâche semble ardue et il faut bien s’organiser, mais au bout du compte, on gagne du temps. Beaucoup de temps.

K… euh!

Luncher à la maison lorsque c’est possible. Deux ou trois jours par semaine, je viens dîner à la maison. J’en profite pour faire une lessive, en plier une autre, répondre à mon courrier, feuilleter des livres de recettes, vider le lave-vaisselle. C’est fou ce que l’on peut accomplir (sans être dérangée) en 45 minutes!

Mettre en place des outils, des moyens facilitant le quotidien. Outre le calendrier familial où l’on note tout, accroché à la porte qui descend au sous-sol et que tous croisent, nous avons organisé notre minuscule vestibule. Nous avons tous notre panier pour y déposer tuques, gants et foulards. Chacun possède 2 crochets et de petits casiers pour les souliers. Un vide-poches vient compléter l’aménagement. Dans la salle de lavage (grand mot pour une si petite pièce), 3 paniers attendant les vêtements qui sont sales: blanc eau de javel, pâle et foncé. Ainsi les vêtements déjà triés, c’est presque plaisant de faire la lessive!

Noter au fur et à mesure, faire des listes. Le Post-it est mon meilleur ami. J’en ai partout: dans l’auto, le sac à main et même sur ma table de nuit! Il m’arrive de me réveiller en pleine nuit, d’ouvrir ma lampe frontale (afin de ne pas réveiller Époux qui se lève plus tôt que moi) et noter des idées, des trucs à ne pas oublier d’apporter à l’école ou encore une tâche à faire en arrivant au boulot.

Organiser des fêtes communes pour avoir du temps libre en famille. Combien de fois nous avons eu des fins de semaine occupées du vendredi soir au lundi matin sans temps pour nous! Je privilégie donc de jumeler 2-3 événements (c’est aussi très aidant puisque la famille est éloignée): fête de Fiston, de parrain et de beau-papa. Aussi, l’on partage les corvées: une s’occupe de la déco, l’autre du gâteau, l’autre de l’entrée, etc. Souvent, le repas principal nous est chaudement livré! Dring, dring, dring!

Préparer (comme dans «chacun prépare») ses choses la veille: lunchs, vêtements, sac d’école, cellulaire. J’ai remarqué que cela évite également chez nos enfants les crises du matin puisqu’il s’agit de leur choix de vêtements. Il m’arrive de préparer les fruits et mettre la table la veille pour le petit déjeuner. Et pas question de concocter des petits déjeuners élaborés! On garde ça pour le weekend!

Respirer! L’équilibre entre la famille et le travail est un «work in progress». Il faut accepter de ne pas être parfait, de cheminer à travers nos bons et moins bons coups. En vieillissant (il y a du positif tout de même), j’élimine (je tente d’éliminer) le stress inutile: la météo qui semble vouloir anéantir LE pique-nique familial planifié depuis deux mois, les centaines de cônes orange qui semblent toujours emprunter MON chemin, la prise de bec entre deux collègues, le cellulaire toujours pas chargé ou la robe souillée par Junior que l’on voulait tant porter CE matin.

Savourer les moments libres sans penser à plus tard. Le but de notre organisation est de passer du temps de qualité avec ceux qui nous sont chers. C’est notre priorité. La brassée de lavage ou la tonte de la pelouse peut bien attendre! Il m’arrive même de prendre une journée de congé avec mon enfant! Rester en pyjama pour écouter des films et manger des caramels un mercredi quand tout le monde travaille, quelle douce folie! Eh oui, il m’arrive de faire une sauce à spaghetti et une lessive!

Trouver nos bonnes adresses sur le chemin du boulot. La cordonnerie, la boucherie, la station-service, la banque, la pharmacie sont sur mon chemin ou à 1 ou 2 rue de mon trajet quotidien. J’évite de sortir pour rien en soirée, par exemple, car je sais que je pourrai m’y arrêter le lendemain. Je le note cependant sur un Post-it pour ne pas l’oublier!

Unir nos forces et travailler ensemble, entre conjoints, mais aussi en famille. Avoir un but commun, l’équilibre entre la famille et le travail et des objectifs réalistes. On ne peut mettre tout en place l’espace d’un weekend. Y aller graduellement, un pas à la fois.

Valoriser nos bons coups. Se féliciter, s’encourager, se motiver. C’est une des clés du succès de la conciliation famille-travail.

W,X,Y…

Zieuter ce qui se fait ailleurs. Les amis, voisins, collègues, blogues, réseaux sociaux, magazines, chaînes ou sites spécialisés peuvent nous fournir de bons trucs et de magnifiques ressources. Il s’agit d’essayer, d’adapter et de conserver ce qui nous convient.

Même en chantant l’ABC de la conciliation, il arrive que notre trame sonore familiale soit parsemée d’essais, d’erreurs, de mauvais coups ou de coups de cœur. Mais EXIT la culpabilité! Amusez-vous et surtout, trouvez VOTRE mélodie du bonheur.


Martine Desautels

Maman de 2 enfants, 
enseignante de 2e année et auteure


Paru dans Bébé, Hiver 2016

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