Accompagner son enfant dans l'épreuve

Accompagner son enfant dans l’épreuve

Notre instinct parental nous amène à tenter d’épargner à notre enfant les épreuves de la vie afin de le protéger. Mais éventuellement, il aura, comme toute autre personne, à faire face à l’échec, à vivre la déception et à faire face à diverses épreuves. C’est malheureusement inévitable puisque c’est ce qu’on appelle la vie.
Par Judith Martineau

Ces épreuves deviendront partie intégrante de son existence, forgeront son caractère et deviendront une référence future pour surmonter le lot d’épreuves qu’il aura à affronter au cours de son existence.

Il s’agit donc ici d’une double occasion de cheminement:

  • Pour votre enfant, en tant que citoyen du monde,
  • En tant que parent afin d’amener doucement votre enfant sur le chemin de l’autonomie qui l’amènera à l’âge adulte.

En tant que parent, il y a tout de même plusieurs compétences que vous pouvez travailler avant même qu’une épreuve ne survienne afin d’aider votre enfant à bâtir sa résilience:
Travaillez l’affirmation de soi
Graduellement, incitez votre enfant à exprimer adéquatement son désaccord face à une situation et rappelez-lui régulièrement qu’il a le droit de ne pas être d’accord. Faites du modeling et soyez patient avec lui lorsqu’il y a des ratées. En temps normal, plus l’enfant approche l’adolescence et plus on devrait faire place à son opinion fréquemment.

Travaillez la perception
Lorsque votre enfant vous raconte sa vision d’une situation, prenez le temps, lorsque l’occasion se présente, de le questionner face à sa perception et celle des autres. «Ah oui, M.Grandmaison était plus sec avec toi ce matin à l’école, pourquoi crois-tu qu’il était comme cela?» ou encore «Crois-tu que le fait que Marie se chicane souvent avec Jérémy influence comment tu te sens face à lui? Que lui reproches-tu au juste?»

Célébrez ses forces
Il y a mille et une façons de dire je t’aime à son enfant. L’une d’elles est de lui nommer précisément les forces que nous admirons chez lui et en quoi elles nous épatent. L’enfant se sent alors vraiment apprécié pour qui il est profondément et ressent que vos commentaires sont sincères. Savoir que nous avons des forces, nous permet de savoir que nous avons en nous des outils pour surmonter les épreuves.

Une épreuve?
Apprenez à votre enfant que la vie est parsemée d’épreuves.
Enseignez-lui qu’il y aura des temps très joyeux, mais qu’il y aura aussi des épreuves. Ces épreuves s’avèrent nécessaires pour lui permettre de continuer à se développer en tant que futur adulte même si elles sont difficiles sur le moment. Faites appel à des héros qu’il affectionne pour lui démontrer ce qu’ils ont dû passer au travers et ce que cela leur a apporté. Parlez d’expériences qui vous ont paru pénibles sur le moment, mais qui vous ont permises d’être qui vous êtes aujourd’hui et qui se sont peut-être même avérées être comme un cadeau de la vie finalement (par exemple: maladie et changement de carrière, fausse couche ayant permis de l’avoir lui comme enfant).

Prenez le temps de le réconforter
Favorisez de petits gestes tels que: un petit mot doux laissé sur l’oreiller, un câlin, un regard rempli de compassion, une petite attention comme un petit-déjeuner au lit.

  • Rappelez-lui qu’il n’est pas seul et que vous êtes avec lui.
  • Rappelez-lui que les épreuves sont temporaires et que l’on finit toujours par trouver la force de s’en sortir en fin de compte.
  • Rappelez-lui qu’il possède en lui tous les outils dont il a besoin pour s’en sortir.
  • Puis, rappelez-lui une épreuve passée et comment il a fait pour s’en sortir.

Bien qu’il soit essentiel d’être empathique à sa cause, ne perdez pas de vue que c’est votre enfant qui vit l’épreuve. Il a besoin de savoir et de voir que vous êtes confiant et qu’il peut compter sur vous. Cela accroît son sentiment de sécurité. Si vous n’en êtes pas capable, n’hésitez pas à demander de l’aide parmi les proches de l’enfant et de requérir vous-même de l’aide pour vous aider à gérer vos émotions.

Aidez-le à trouver des moyens pour vider le 
trop-plein d’émotions

  • En lui donnant des modèles pour exprimer ses émotions
  • En lui proposant de se retirer dans un de ses coins préférés (chalet, certaines pièces de la maison)
  • En parlant à un adulte de confiance ou à un ami
  • En écrivant dans un journal personnel
  • En lui proposant des activités d’art-thérapie
    Ex.: mandalas, en décorant des phrases positives dans un journal, en se créant une affiche de rêves
  • En l’incitant à frapper un ballon avec son pied, un oreiller de 
ses poings
  • En pratiquant un sport qu’il aime

Attention, il faut toutefois respecter sa nature. Si celui-ci ressent le besoin de pleurer, laissez-le pleurer. Il désire s’isoler un peu, laissez-lui la distance dont il a besoin. Restez près (et prêts!), mais ne vous imposez pas.

De même, il ne faut pas ridiculiser ou diminuer ce qu’il vit même si pour nous une situation similaire ne représente pas la même chose. Une peine d’amour à 12 ans peut s’avérer être très douloureuse même si, en tant qu’adultes, nous sommes bien conscients qu’elle passera et que d’autres amours se développeront dans le futur. Les épreuves vécues ainsi que les sentiments ressentis sont propres à chaque personne, ce que votre enfant ressent est donc réel et à sa pleine capacité.

En conclusion, aussi difficile que ce puisse être de voir notre enfant souffrir, il faut résister à la tentation de résoudre le problème à sa place ou d’intervenir à moins que sa vie soit en danger, bien entendu! Notre rôle devrait se résumer à être un confident, un allié aidant, mais pour le bien futur de notre progéniture, il faut lui donner l’occasion et le mérite de s’en sortir par lui-même!


Judith Martineau
Coach familial
Fondatrice de Second souffle
Membre du Réseau Nanny secours
www.nannysecours.com


Paru dans Bébé, Automne 2015

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