L’AVAC avoir le droit de choisir

Donner naissance est un acte purement physiologique et naturel et ne devrait pas être considéré comme un cas où les interventions médicales s’avèrent indispensables. Cependant, dans certaines circonstances, afin de protéger la santé de la mère ou de l’enfant, certaines interventions obstétricales sont nécessaires. Mais ce n’est pas parce qu’on a vécu un premier accouchement difficile que le deuxième ou même les suivants le seront.

En tant que société, il est primordial de se questionner sur l’importance que nous donnons à toutes ces interventions et de s’interroger à savoir si l’accouchement n’est pas rendu trop médicalisé. Certaines femmes ayant vécu une césarienne ont le désir de tenter un AVAC (un accouchement vaginal après une césarienne), et selon les plus récentes études, il s’agit, en tenant compte de plusieurs éléments, d’une pratique sécuritaire et encouragée par de plus en plus de professionnels de la santé.

10 clés d’un AVAC réussi
• Être motivée, déterminée et informée.
• Être suivie par un médecin ouvert à cette pratique.
• Être accompagnée (par une doula, par exemple) et se sentir soutenue pendant le travail.
• Uriner souvent pour garder la vessie vide.
• Être mobile et adopter des positions favorisant la gravité afin d’aider à la progression du travail.
• Utiliser des techniques de relaxation.
• Ne pas hésiter à manger et à boire légèrement afin d’avoir de l’énergie.
• Compléter un plan de naissance afin que le personnel médical soit bien au fait de ses désirs.
• Ne pas se sentir pressée par le temps ou par le personnel médical.
• Préserver sa bulle d’intimité lors de l’accouchement.

En tant que société, il est primordial de se questionner sur l’importance que nous donnons à toutes ces interventions et de s’interroger à savoir si l’accouchement n’est pas rendu trop médicalisé. Certaines femmes ayant vécu une césarienne ont le désir de tenter un AVAC (un accouchement vaginal après une césarienne), et selon les plus récentes études, il s’agit, en tenant compte de plusieurs éléments, d’une pratique sécuritaire et encouragée par de plus en plus de professionnels de la santé.

Le pouvoir de la femme
Depuis quelques années, on prône davantage l’importance d’un accouchement physiologique et des bienfaits que cela apporte à la mère et au bébé. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a souligné, il y a quelques années, dans sa Politique de périnatalité 2010-2018, qu’il était souhaitable de donner davantage de pouvoir aux femmes lors de leur accouchement et de laisser plus de place à l’accouchement physiologique. Malheureusement, dans la réalité, une majorité de professionnels de la santé ne se sentent pas nécessairement outillés pour accompagner les femmes souhaitant un AVAC. On insiste beaucoup sur les risques que cela peut comporter, sans forcément faire la même chose en ce qui concerne les risques inhérents aux césariennes.

La césarienne, qui représente un acte chirurgical majeur, semble de plus en plus banalisée, présentant toutefois autant de risques, sinon plus, que l’accouchement vaginal après une césarienne. Il arrive que la femme, qui a de moins en moins confiance en sa capacité d’accoucher, par peur de complications, peur de l’inconnu ou par manque d’informations, acceptera la césarienne sans nécessairement remettre cette décision en question.

Donc, la femme souhaitant un AVAC doit être très bien préparée, informée, déterminée et connaître ses droits, surtout si elle souhaite accoucher dans un centre hospitalier.

Bien informée, choix éclairé
Selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), l’AVAC constitue une option satisfaisante pour la plupart des femmes ayant eu une césarienne par incision transversale basse. Au Canada, le taux de réussite d’un AVAC se situe entre 50 % et 85 %, selon la raison qui a mené à la césarienne lors du premier accouchement.

Avantages d’un AVAC
– La maman et le bébé peuvent faire du peau à peau dès la sortie du bébé.
– Lors du travail, le bébé reçoit les hormones que la maman a à lui donner.
– Le séjour à l’hôpital est moins long que lorsqu’il s’agit d’une césarienne.
– L’accouchement vaginal favoriserait les débuts de l’allaitement.
– La maman récupère habituellement plus rapidement que lorsqu’il s’agit d’une césarienne.
– Il n’y a pas de séparation d’avec le bébé, cela favorisant le lien d’attachement.
– Il offre un sentiment de compétence et, suite à son AVAC, la maman vit la satisfaction d’avoir donné naissance par voie basse.

Risques d’un AVAC
– La plupart des inconvénients d’un AVAC sont semblables à ceux de n’importe quel accouchement vaginal. Le risque principal d’un AVAC est la rupture utérine.
– Il s’agit d’une déchirure au niveau du muscle de l’utérus, et seulement de 0,5 à 0,9 % des femmes qui tentent un AVAC seront touchées1 par ce risque.
– Malgré le fait que la rupture puisse se produire même s’il ne s’agit pas d’un AVAC, le risque est plus grand après une césarienne, car celle-ci pourrait avoir fragilisé l’utérus.
– La rupture utérine pouvant avoir des conséquences importantes pour la maman ou le bébé (césarienne d’urgence, transfusion sanguine, hystérectomie, manque d’oxygène pour le bébé, décès…), plusieurs critères sont mesurés par le personnel médical afin de dépister une éventuelle rupture utérine et ainsi préserver la santé de la mère et de son enfant.

Indications et contre-indications à la réussite d’un accouchement vaginal après une césarienne

Facteurs défavorables à tenter un AVAC
Avoir subi une césarienne en raison d’un arrêt du travail
La tête du fœtus ne s’est pas engagée dans le bassin de la mère au moment de l’accouchement
Il y a eu provocation du travail par des méthodes pharmacologiques
La mère a plus de 35 ans
La mère est obèse
Il y a présence d’un placenta prævia ou une présentation anormale
Il y a eu incision utérine verticale lors de la césarienne précédente
L’intervalle entre la césarienne précédente et la date prévue de l’accouchement est de moins de 18 mois
La mère souffre de problèmes chroniques de santé comme la prééclampsie, l’hypertension, le diabète ou une maladie rénale
La mère a déjà subi une rupture utérine ou une chirurgie de l’utérus

Facteurs favorables à tenter un AVAC
Avoir subi une incision transversale (horizontale) basse lors de la césarienne précédente
Avoir subi une césarienne pour une raison spécifique (pour laquelle il n’y a pas beaucoup de risques qu’elle se représente lors de la prochaine grossesse: un bébé qui se présente par le siège, par exemple)
Le travail s’est déclenché spontanément lors de la naissance précédente
Un AVAC a déjà été tenté et a été réussi
Le col de l’utérus était effacé et dilaté lors de l’accouchement

Un petit coup de pouce…
Il peut être tentant de vouloir se laisser prendre en charge, de vouloir que le médecin prenne la décision sur la façon dont l’accouchement se déroulera, mais il est aussi primordial de s’écouter, de connaître ses désirs et ses valeurs, de s’informer afin de faire des choix éclairés et, surtout, de comprendre que la femme a le pouvoir de prendre ses propres décisions quant au déroulement de son accouchement. Personne ne possède la vérité absolue dans ce monde, et il est important que la femme s’informe soigneusement afin qu’elle puisse être en paix avec ses décisions.


Fannie Lacroix
Enseignante, accompagnante à la naissance et naturothérapeute
Copropriétaire de l’agence de baby planning Cigogne & Koala (franchise de Maison Cybèle), Chambly
www.maisoncybele.com

Références:
1 L’Étude Quarisma


Paru dans Maternité, Été 2018

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