Bien démarrer son allaitement, simplement…

De nos jours, l’allaitement maternel est reconnu de façon incontestable comme étant la meilleure option pour nourrir son enfant. Or, cette option tout à fait naturelle suscite parfois des craintes de la part des futurs parents. L’élément qui cause le plus d’inquiétude chez la mère est souvent celui de la douleur reliée à l’allaitement. Voici quelques éléments qui vous serviront à bien démarrer l’allaitement et à faire de cette expérience un succès.

Par Natacha Lafond

Dans le cadre de mon travail d’accompagnante, lorsque je demande à de futures mamans si elles souhaitent allaiter, elles me répondent souvent : « Je vais essayer, mais je ne m’acharnerai pas si ça fait trop mal. » C’est vous dire à quel point l’idée de la souffrance est profondément reliée à l’allaitement ! C’est normal puisque nous sommes sans cesse assaillies d’histoires d’horreur (dont je vous ferai grâce aujourd’hui). Je préfère me concentrer sur le positif afin de vous donner des outils qui vous aideront à vivre cette expérience unique que constitue l’allaitement maternel. Au fait, saviez-vous que la douleur ne fait pas partie du processus naturel de l’allaitement ?

Tout d’abord, il est primordial de savoir que votre état d’esprit est la fondation sur laquelle votre expérience sera basée. Il est donc essentiel que vous bannissiez de vos pensées le sentiment de culpabilité. Peu importe les choix que vous ferez concernant votre enfant ; que vous l’allaitiez un jour, une semaine, un mois, un an ou plus, ce sera toujours très positif pour le reste de sa vie.

Le confort de la maman est primordial
Durant les premiers mois de vie de votre enfant, les journées seront réglées sur sa routine de bébé qui se résume à boire, sourire, dormir et… évacuer. La partie « boire » est certainement la plus importante en proportion, presque à égalité avec le sommeil. Votre corps se retrouvera donc, durant une très grande partie de vos journées, en position assise ou couchée. Aussi bien être à l’aise ! Cela favorisera la production des hormones de détente que génère l’allaitement, mais cela sera aussi utile pour éviter que la douleur ou la tension musculaire ne vienne réduire votre production lactée. Votre confort n’est donc pas du tout égoïste, mais c’est plutôt une preuve de votre engagement envers votre enfant. Prenez donc le temps de bien vous installer à chaque tétée. Prenez le temps de respirer un bon coup et de vérifier que tout est bien pour vous avant de prendre votre bébé dans vos bras. Et lorsque votre progéniture tète allègrement, revalidez les tensions possibles : par exemple, la nuque et les épaules doivent être détendues. Si votre partenaire veut s’impliquer, n’hésitez pas à lui expliquer combien un massage d’épaules et de cou est hautement profitable pour votre bébé. : )

La position du corps de bébé
De nombreuses mères ayant consulté une marraine d’allaitement ont été étonnées de la différence marquante que peut créer le repositionnement du corps du bébé lors de la tétée. On concentre souvent son attention uniquement sur sa bouche alors que l’allaitement est une affaire hautement intégrée qui implique tout son corps. Le corps humain est ainsi fait que nous voulons éviter la douleur à tout prix. Et cela commence dès le premier souffle. Votre bébé vous indiquera de multiples façons que son enlignement n’est pas optimal, que sa nuque est trop penchée vers l’avant, qu’il a une tension dans la mâchoire ou dans le cou. Il est donc important de porter attention aux petits détails.

Le corps de votre bébé doit être en ligne droite : oreilles, épaules, hanches. Peu importe la position que vous adoptez, il ne doit pas y avoir de torsion au niveau du dos et de la tête de votre bébé. Ensuite, il est important d’amener votre bébé vers vous et non de vous pencher pour vous en rapprocher. Vous pourrez ainsi éviter les tensions musculaires.

Les pleurs sont le dernier signal
Pour faire de la tétée un moment privilégié et agréable, il est important d’être consciente de l’impact des hormones du stress sur la quantité de votre lait ainsi que sur votre état d’esprit. Il est donc intéressant d’éviter, ou du moins de limiter, l’élément de stress numéro 1 des nouveaux parents : les pleurs de bébé !

Lorsque bébé commence à avoir faim, il va tout d’abord émettre des bruits de succion très subtils. Même dans votre sommeil, ce bruit va envoyer à votre cerveau le signal pour créer votre réflexe d’éjection afin de préparer un allaitement efficace. Cela va également vous réveiller doucement afin que vous tendiez l’oreille. La proximité physique du bébé, dans la même pièce que sa mère, est essentielle à la réalisation de ce phénomène naturel. La deuxième étape débute lorsque votre bébé met son poing dans sa bouche ; le bruit est alors beaucoup plus fort, et c’est le moment de vous installer pour le mettre au sein. Vous aurez ainsi du temps pour bien vous placer et positionner votre enfant tranquillement, sans pression. Le soutien de votre partenaire durant cette période est très important, d’autant plus que la deuxième crainte concernant l’allaitement est que le partenaire ne puisse pas s’impliquer dans la vie du tout-petit. En demandant un peu d’aide, on fait d’une pierre deux coups. En mettant votre bébé au sein durant cette période de calme, il sera plus facile pour vous de reprendre le positionnement de sa bouche si cela vous cause de la douleur. Si vous attendez qu’il pleure avant de le mettre au sein, le stress risque fort de vous conduire à accepter la douleur pour faire cesser les pleurs. N’oubliez pas : votre confort est primordial !

La prise du sein
Au bout du compte, l’important est que votre bébé reçoive tous les éléments nutritifs et immunitaires dont il a besoin. Il doit donc participer activement à cet exercice de survie. Les seules choses qui relèvent de son contrôle sont le positionnement de sa bouche ainsi que la force de sa succion. Pour le reste, vous devez l’aider. Une des raisons souvent évoquées à l’abandon de l’allaitement est que la mère n’avait pas assez de lait. La plupart du temps, cette situation est causée par une mauvaise prise du sein de la part du bébé qui n’a pas été bien accompagnée. Il ne faut donc pas se culpabiliser. Demander de l’aide n’est pas un signe d’échec, au contraire.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, dans ce texte, j’ai répété une phrase qui pourrait tout changer : votre confort est primordial ! La répétition permet d’ancrer des mots, des idées et d’en faire une certaine réalité. Si, grâce à cette lecture, vous commencez à associer l’allaitement au mot « confort » et que vous en faites une priorité, il y a fort à parier que votre cerveau sera votre meilleur allié durant cette période si intense, mais si éphémère. Faites-vous confiance !

Aide-mémoire pour la prise du sein : votre confort est primordial !
1. Enlignez le nez (pas la bouche) avec le bout du mamelon.
2. Laissez la bouche du bébé ouvrir très grand.
3. Rapprochez rapidement la tête du bébé vers le mamelon.
4. Assurez-vous qu’il y a une partie plus grande de l’aréole qui est plus visible au-dessus qu’en dessous de sa bouche.
5. Si ça fait mal plus de 10 secondes, recommencez !
6. Pour libérer la succion, glissez simplement le petit doigt entre les mâchoires du bébé.

 

Natacha Lafond
Accompagnante à la naissance et coach de grossesse
La Fée Marraine

www.lafeemarraine.ca  •  Facebook : LaFeeMarraine.ca


Paru dans Moi Parent, Automne 2019

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