Une chambre pour mieux se développer

La préparation de la chambre de bébé constitue l’une des étapes charnières des derniers mois de la grossesse. Mais au-delà des considérations esthétiques, comment créer un univers qui permettra à bébé de se sentir bien, évidemment, mais aussi d’être stimulé et de se développer adéquatement ?
Par Nancy Côté

Pour la plupart des futurs parents, cette étape est attendue et agréable. La décoration, les meubles, la literie ; certains parents confectionnent eux-mêmes des pièces d’ameublement ou de décor. Lentement, l’ambiance laisse place à la magie et au plaisir de créer un nid douillet pour l’enfant à venir. Que de discussions rassemblent les conjoints autour de cette pièce unique ! Combien de beaux moments de bonheur, et aussi de remises en question, seront prochainement vécus dans ce nouveau décor !

D’un point de vue ostéopathique, la chambre du bébé est le lieu de prédilection pour sa stimulation et son éveil au monde qui l’entoure. Les couleurs choisies, les motifs imprimés sur la literie et au mur et les jouets suspendus à la couchette sont autant de façons de stimuler le regard et la motricité des poupons.

Pour stimuler la vue de bébé, par exemple, on pourrait peindre de grosses formes aux couleurs contrastantes au plafond de la chambre, puisque l’enfant regarde principalement dans cette direction lorsqu’il est sur le dos dans sa couchette. Toutefois, pour stimuler les mouvements de sa tête et le redressement de son cou, on peut opter pour une disposition de la couchette et de la table à langer qui l’encouragera à se mouvoir.

La couchette et la table à langer sont habituellement placées le long d’un mur pour la sécurité et l’économie d’espace. Comme bébé cherchera à regarder le visage de son parent durant le changement de couche, il serait bon de placer la table à langer pour qu’on puisse en utiliser les deux côtés, en alternance, ou de l’installer de manière à ce que bébé puisse tourner la tête des deux côtés, à parts égales.

Même son de cloche du côté du lit de bébé : pourquoi ne pas le placer en plein centre de la pièce, entre la porte et la fenêtre, où son regard sera attiré par la lumière, d’une part, et les allées et venues, d’autre part ? Les mouvements en alternance du bébé, lorsqu’il a la tête posée sur le matelas, diminueront aussi le risque qu’il développe une plagiocéphalie rovoquée par une position figée de la tête.

Une question de sens
Il faut avoir comme but d’éveiller tous les sens de bébé quand on choisit les éléments du décor. L’odorat et l’ouïe d’un nouveau-né sont plus développés que la vue. Il sera donc possible de stimuler bébé par l’odorat. Par exemple, des vêtements ou un foulard portés par maman ou papa peuvent être laissés près de l’enfant afin de le réconforter la nuit. Pour les premiers mois, et selon les recommandations officielles, on évitera toutefois de les mettre directement dans la couchette avec le bébé pour prévenir les risques de suffocation. On peut cependant utiliser le grand foulard d’un des parents comme drap contour.

Les sons produits par les mobiles et même un vaste éventail de sons provenant de la maison stimulent également l’ouïe du nourrisson. La musique douce et le son de la voix sont autant de stimulus qui peuvent être utilisés et qui sont rassurants pour l’enfant. Il existe à cet effet une grande variété d’enregistrements musicaux qui s’adressent directement à cette petite clientèle. Les moniteurs sans fil peuvent être utiles pour faire entendre au bébé la voix des parents et, ainsi, le réconforter (les parents également !) à distance.

La chaise berçante est également un accessoire essentiel pour réconforter bébé, le nourrir, communiquer avec lui et se reposer. Elle devrait occuper une place importante et accessible, tout en étant à l’écart des regards et de la luminosité. On la veut confortable et ajustable pour bien répondre aux différentes fonctions pour lesquelles elle sera utilisée. Quelques coussins pour ajuster notre posture lorsqu’on nourrit bébé seront aussi les bienvenus. Le parent doit pouvoir se servir avec aisance, et tour à tour, de chacun de ses bras pour soutenir le nourrisson, afin d’encourager la rotation bilatérale de la tête du bébé. Cette alternance des côtés empêchera l’accumulation de tensions indésirables dans la nuque, la ceinture scapulaire et la base du crâne chez les parents. Un appui adapté et une posture assise adéquate sont donc souhaitables aussi bien pour le parent que pour le nourrisson qui utilisent cette chaise, qui s’avérera un accessoire important lorsque bébé aura besoin de soins.

Au tapis !
Les tapis d’éveil et les matelas emboîtables sont sécuritaires pour bébé et lui permettent de développer sa motricité en toute liberté. Selon Emmi Pikler, pédiatre et spécialiste du développement moteur chez les enfants, le jeu libre et la quête sont les principaux alliés d’un développement moteur harmonieux. Le tapis d’éveil et tous les matelas de sol permettent aux poupons d’expérimenter. Ainsi, ils feront des roulades, pratiqueront la position ventrale et renforceront, de ce fait, les muscles toniques et érecteurs de leur tête et du rachis. Ces muscles leur permettront d’abord de lever la tête et le thorax, et éventuellement de s’assoir, de se déplacer à quatre pattes, de s’agripper, de se pousser sur leurs jambes et finalement de marcher par eux-mêmes autour d’un an.

En terminant, il est donc important de stimuler votre enfant au moyen de son environnement, du jeu et de la parole, afin qu’il puisse se développer harmonieusement. La chambre devrait donc être un lieu où l’enfant peut grandir, s’épanouir et apprendre sans cesse. C’est dans une préparation soignée et orientée vers la meilleure stimulation pour leur enfant que les parents lui permettront de développer son plein potentiel et sa motricité.

Toutefois, si le développement moteur de votre enfant ne suit pas tout à fait les normes et que cela vous inquiète, vous pourriez consulter un ostéopathe qui identifiera les blocages ou les tensions qui l’empêchent de développer son plein potentiel. Un soin ostéopathique en douceur optimisera également son confort.


Nancy Côté, D.O.
Membre d’Ostéopathie Québec
Ostéopathe clinicienne – Clinique Inspiration, Laval
www.cliniqueinspiration.com

Références:
1. Phénomène de la tête plate du bébé.
2. PIKLER Emmi. Se mouvoir en liberté dès le premier âge, Presses universitaires de France. (1979).


Paru dans Maternité, Été 2018

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