La naissance

Suite à la publication de mon livre Du cœur au ventre, histoires de grossesse, les opportunités d’écriture se sont présentées et c’est ainsi que je me joins avec grand bonheur à l’équipe de Maternité. Mais commençons par le début…
Par Nathalie Lauzon

J’ai pensé vous parler d’abord du livre, car il représente pour moi une partie importante de ma grossesse. Je l’ai rédigé durant celle-ci et l’ai terminé durant mon congé de maternité. Une gestation littéraire qui aura duré 20 mois, quasiment aussi longue que celle d’une maman éléphant!

Au printemps 2015, lorsque je suis tombée enceinte, je réalisais que j’étais une des seules femmes dans mon cercle d’amies qui n’avait pas encore de bébé. Malgré que j’aimais les enfants, je n’avais même jamais été vraiment attirée par la maternité. Je concentrais mes énergies sur ma carrière, mon statut, ma vie sociale et, plus récemment, ma croissance personnelle. Moi, enceinte? Wow! OK. Déboussolée. Clueless. Je ne savais même pas par où commencer. «Qu’est-ce que je fais avec ça?» Je partais de vraiment très loin. Entre les interminables siestes du premier trimestre, j’ai commencé à m’intéresser aux histoires de grossesse de mon entourage pour essayer de comprendre un peu ce qui m’arrivait. J’ai questionné mes copines, des femmes de ma famille et des étrangères aussi. Je me suis vite aperçue que leur visage s’illuminait lorsqu’elles en parlaient. Empreintes de nostalgie, de bonheur, de tendresse, elles étaient radieuses en racontant leurs histoires.

Chaque fois que je disais à une femme que j’étais enceinte, je lui demandais: «Et toi, as-tu un enfant? Comment s’est passée ta grossesse? Veux-tu me la raconter?» J’étais, et je suis toujours totalement naïve devant tant d’histoires de vie. Je suis vite devenue accro à ces histoires. Je demandais même aux inconnues à la cafétéria de me raconter la leur!

J’aimais voir les femmes s’enthousiasmer devant ce sujet sans fin. Il y avait toujours des détails, et encore plus. Je posais des questions, encore et encore, auxquelles on se faisait un doux plaisir de me répondre. C’était comme prendre des portraits de ces femmes, mais sans mon appareil photo! Je les voyais.

C’est de cette façon que l’idée de ce livre m’est venue. Puis, j’ai douté, je me suis demandé si c’était quétaine de raconter des histoires de grossesse. «Est-ce que quelqu’un va vraiment lire ça?» Comme j’avais l’impression que tout le monde y était passé avant moi, que j’entrais naïvement dans cette «société secrète» de femmes qui avaient un enfant, je pensais que ça n’allait peut-être intéresser personne et que c’était banal. Et puis, en sondant autour de moi, je réalisai qu’au contraire, c’était un sujet qui était toujours d’actualité, intemporel, et qui avait le potentiel d’intéresser toutes les mamans et aussi les futures mamans. Ah? Je me suis donc lancée dans le projet, pour mon plus pur bonheur égoïste de connaître les histoires des autres! Ce projet allait m’accompagner dans ma grossesse et j’allais le porter, comme mon bébé.

Dix «vedettes»
J’ai décidé de contacter des femmes «vedettes», comme j’aime amicalement les appeler, car je suis secrètement une groupie dans l’âme. J’aime les médias. J’ai toujours travaillé en communications et je suis fascinée par le parcours des gens qui réussissent à se tailler une place devant un public. Qui sont-ils dans la vie de tous les jours? Je voulais apprendre à les connaître à travers mes yeux, et non ceux des médias traditionnels. L’aventure me semblait vraiment cool.

Peu à peu, il y a eu une, puis deux, puis dix femmes que j’admire intéressées à mon projet. Ces dix femmes ont toutes embarqué dès la lecture de mon résumé de projet, ce qui m’a fortement encouragée. J’étais emballée.

Ce projet de livre m’a beaucoup ouvert sur les autres, j’ai compris que nous vivons finalement toutes les mêmes choses, à notre façon et trop souvent en silence! Ce projet m’a fait aimer encore plus ces dix femmes mamans, il m’a rassuré dans ma première grossesse et m’a surtout reconnecté avec ma propre mère sur ses expériences de maternité. Ce fut très précieux pour moi. Faire circuler nos expériences et nos histoires de vie jusqu’à nos enfants, c’est vraiment important à mon avis, c’est un transfert de sagesses, comme les peuples autochtones le font depuis des milliers de générations. S’intéresser et apprendre des autres, tendre la main ou une oreille en ouvrant son cœur, ce sont toutes des opportunités pour s’entraider, se raconter, puis se rassembler entre femmes.



Du coeur au ventre, le livre

Question de vous donner le ton, nous vous présentons quelques extraits du livre Du coeur au ventre -Histoires de grossesses que Nathalie vient de publier. Pour débuter: Clodine Desrochers.

Une grossesse dans le rire et le plaisir!
Quand j’ai une idée dans la tête, je ne l’ai pas dans les pieds. Alors à partir du moment où je me suis dit: «Je veux un bébé!», là, c’était pas drôle! Toutes les histoires de rester les pieds dans les airs après avoir fait l’amour et tralala… j’ai tout essayé ça! Je pense que j’ai dépensé environ 200$ en quelques semaines en tests de grossesse parce que je me disais toujours: «Il n’est sûrement pas bon, je suis certainement tombée sur un mauvais test…» Je voulais vraiment beaucoup.
– Clodine Desrochers


Nathalie Lauzon
Photographe et auteure
www.nathalielauzon.ca
info@nathalielauzon.ca


Paru dans Maternité, Été 2017

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