Être parent autrement.

La préparation affective à la naissance

Cajoler bébé et sentir sa réponse dès la 18e semaine de grossesse, c’est possible ! Alors que l’haptonomie, la science de l’affectivité, est bien connue en Europe, sa déclinaison québécoise, la préparation affective à la naissance, l’est beaucoup moins ici. Une approche à découvrir !
Par Annie Ève Gratton

Si l’arrivée de votre enfant est prévue au cours des prochains mois, il est probable que vous soyez à l’affût de nouvelles idées qui vous permettront de vivre des petits bonheurs pendant la grossesse et de préparer la naissance afin qu’elle se déroule le plus sereinement possible.

Nombre de futurs parents choisissent d’être très actifs pour profiter pleinement de la grossesse. Ils consultent des acupuncteurs ou des ostéopathes, suivent différents cours et ateliers, préparent leur plan de naissance en fin de grossesse et s’informent sur la façon de procéder pour éviter un accouchement médicalisé. Or, ce qu’ils trouvent souvent, ce sont des techniques et des méthodes limitées dans le temps qui ne durent que jusqu’à l’accouchement.

J’observe aussi que, si la maman initie souvent les recherches et les démarches, les papas désirent également être le plus présents possible, mais ne savent parfois pas tout à fait comment le manifester. C’est là où la préparation affective à la naissance devient complètement emballante. Ce qu’elle propose (bien plus qu’une technique ou une méthode pour gérer la douleur lors de l’accouchement) est en fait un véritable mode de vie qui perdurera bien après la naissance de l’enfant. C’est une façon d’être, qui se vit tout simplement; pas de concepts compliqués à retenir et à appliquer de façon bien précise. Pas de « Il faut ceci ou cela ». Elle demeure valable, peu importe les conditions dans lesquelles se déroule l’accouchement. Puisqu’elle est très intuitive et malléable, teintée de la couleur unique de chaque individu qui la vit, elle contribue littéralement à façonner le devenir de la famille en changeant la manière dont les membres sont présents l’un à l’autre.

Mon bureau est souvent le théâtre de moments particulièrement émouvants. Régulièrement, j’assiste à des rencontres de parents avec un enfant à naître d’une intensité et d’une qualité difficiles à imaginer pour qui n’a pas expérimenté la préparation affective à la naissance. Le bébé comprend qu’on est conscients de sa présence et qu’on s’adresse à lui, et il répond. La maman ressent la présence particulière de cet être unique, distinct, même s’il se trouve pour l’instant dans son ventre, et le papa, pour sa part, sent son enfant venir se lover dans sa main en réponse à son invitation (il peut même suivre les déplacements de la main sur le bedon), ce qui lui permet d’être pleinement père dès la grossesse, à sa manière à lui.

La clé: le toucher
L’outil de communication, c’est le toucher. Nous savons tous le faire. Par cette approche, nous réapprenons simplement une manière de toucher que nous avons un peu oubliée dans notre monde audiovisuel. En aiguisant ce sens, on peut ainsi mieux sentir bébé et ses réponses (pratique pour le guider le jour de l’accouchement !), qui ne sont ni un réflexe de sa part, ni le fruit de notre imagination. Il existe en effet une conscience affective chez le bébé dès le premier trimestre de la grossesse (c’est simplement nous qui ne le sentons pas encore !), et sa mémoire existe déjà ; il se forge dès lors des souvenirs. D’ailleurs, plusieurs parents ont testé la chose : lorsqu’un des parents chante doucement et régulièrement la même chanson à son bébé à naître, celui-ci, une fois né, sera apaisé par cet air, car il le reconnaît et l’associe au moment réconfortant passé dans le ventre maternel.

Ainsi, cette merveilleuse approche permet de tisser un « cordon affectif » entre bébé et chacun de ses parents, un lien qui durera toute sa vie. C’est en quelque sorte un attachement fait de détachement, et non pas une fusion, car chacun est reconnu dans ce qu’il est. D’ailleurs, chaque bébé a sa manière bien à lui de bouger et de répondre ; par ailleurs, il adaptera sa réponse en fonction de qui le touche. Par exemple, il ne me répond pas à moi, qui accompagne ses parents dans cette découverte, comme il répond à son papa. À n’en pas douter, la préparation affective permet d’être parent autrement, de concrétiser la manière dont on veut vivre la grossesse et l’accouchement. Dans un monde où tout va vite, la préparation affective à la naissance permet de se poser et de simplement être présent. Puis, de cette présence de qualité émerge une relation profonde entre trois êtres sans qu’aucun mot ne soit prononcé…


Annie Ève Gratton
BedonZen, partenaire de La source en soi
Membre de l’Association RITMA (Regroupement des intervenants et thérapeutes en médecine alternative)
Membre de la PLIDA (Pregnancy Loss and Infant Death Alliance)
www.lasourceensoi.com
www.bedonzen.com

Annie Ève est formée en programmation neurolinguistique (PNL), en préparation affective à la naissance et en kinésiologie. Spécialisée dans l’assistance aux parents ayant vécu le deuil périnatal, elle accompagne également de nombreux parents qui traversent différents deuils et défis au cours de la période périnatale.


Paru dans Maternité, Été 2018

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