Grossesse surprise

Grossesse surprise

Saviez-vous qu’au Québec, une grossesse sur trois n’est pas «programmée»? Et puisqu’une grossesse ne vient pas toujours avec des symptômes, elle peut parfois n’être confirmée que des semaines après la conception… Quelle surprise alors!
Par Nancy Richard

Bien que certaines femmes, dès le début d’une grossesse, ressentent divers symptômes physiques (nausées, prise de poids, arrêt des règles, seins plus gonflés et plus sensibles), d’autres n’ont que pour seule preuve un petit «+» sur un test de grossesse.

Comment réagir, alors? Beaucoup de futures mamans vivent cette énorme surprise comme le fait de trouver… un os dans un fromage!

La gamme des émotions
Une fois le choc émotionnel estompé, les femmes passeront par de nombreuses étapes que voici:

  • La panique et l’angoisse : que dois-je faire? Le garder ou non? Comment le père réagira-t-il?
  • L’analyse : prendre le temps de peser les pour et les contre, à tête reposée. Un tableau à deux colonnes est un excellent outil comparatif afin d’évaluer les impacts émotionnels, physiques, psychologiques, affectifs et de position de vie, face à la venue d’un nouveau-né. Il est primordial d’effectuer cet exercice avec le père, si possible.
  • La peur de l’avenir: étant encore ambivalentes, les futures mamans doivent prendre en considération divers facteurs pouvant entraîner des impacts majeurs dans toutes les phases de leur vie.
  • Des préoccupations démographiques: contraintes financières, précarité du statut d’emploi, monoparentalité.
  • Des inquiétudes reliées à l’obstétrique: grossesse non planifiée, grossesse non désirée, grossesse à l’adolescence, grossesse après 40 ans.
  • Des préoccupations sociales: soutien social inexistant, soutien familial inexistant, relation de couple houleuse ou inexistante, encore aux études, vit encore chez ses parents.

Le verdict fatidique
Une fois cette analyse complétée, de tout bord tout côté, de façon cartésienne, vient le temps de prendre une décision.

  • Garder l’enfant
  • Procéder à une interruption volontaire de grossesse
  • Donner l’enfant en adoption

Un p’tit nouveau dans la famille
Si la balance a pesé en faveur d’un petit trésor à mettre au monde, songez rapidement à aller consulter un médecin pour diverses raisons et même parfois un psychologue. Une grossesse surprise fait partie des facteurs de prévalence en lien avec la dépression post-partum.

D’abord, votre médecin vous enverra passer une échographie de datation afin de connaître le stade exact de la grossesse.
Ensuite, dans le cas d’un père inconnu, il serait sage de passer des tests pour les infections transmissibles sexuellement. La chlamydia, la gonorrhée et l’herpès peuvent engendrer bon nombre d’effets néfastes, tant chez maman que chez bébé.

À la naissance, pour prévenir une possible infection aux yeux après le passage dans le vagin, le poupon reçoit une dose d’onguent antibiotique dans les yeux (érythromycine).

Par ailleurs, en ce qui concerne l’herpès génital, si vous en souffrez, il y a fort à parier que vous subirez une antibiothérapie vers la fin de votre grossesse en prévention d’une récidive. S’il y a toutefois une lésion active au moment d’accoucher, vous devrez automatiquement subir une césarienne, votre bébé pouvant en subir des conséquences graves et permanentes lors du passage dans le vagin, dont la perte de la vue.

Certains aliments et d’autres substances doivent être proscrits de votre régime de vie durant les neuf mois de gestation:

  • Caféine (3 doses par jour)
  • Tabac
  • Drogues
  • Alcool
  • Médicaments en vente libre (toujours consulter un 
pharmacien avant)
  • Plantes (toujours consulter un naturopathe ou un 
herboriste avant)

Le déni de l’évidence
Dans le cas d’une grossesse surprise découverte tardivement, il peut s’agir d’un cas de déni de grossesse. Cette situation peut toucher toutes les femmes, mais cela est plus fréquent chez les personnes souffrant déjà d’un trouble psychiatrique, de toxicomanie ou à un jeune âge (adolescence).

Le déni de grossesse est en fait un mécanisme de défense de l’inconscient contre les craintes d’un passé non réparé. Selon le dictionnaire Larousse, il s’agit plutôt: «d’un refus inconscient de reconnaître une réalité extérieure traumatisante» (dans le cas présent, une grossesse).

Cette situation arrive parfois suite à un deuil périnatal. L’inconscient de la mère qui ressent une peur extrême à l’idée de perdre à nouveau un bébé, lui manifeste l’état de grossesse que beaucoup plus tardivement.

Poussière d’ange
Tout comme la merveilleuse chanson d’Ariane Moffatt, certaines femmes optent plutôt pour une interruption volontaire de grossesse, si le stade de la grossesse le permet. Pour mettre un terme à la grossesse, tout dépendant du terme, le médecin pourrait proposer un curetage ou un accouchement induit par voie vaginale.

Adoption
Si vous vous tournez vers l’adoption, parlez-en à votre médecin responsable de votre suivi de grossesse. Il vous guidera pour chacune des étapes administratives à accomplir pour ce processus.

Rare, mais possible!
Bien que cela soit difficilement concevable avec notre côté rationnel, une grossesse surprise, même tardivement, est chose fréquente. Certaines femmes ont des saignements de grossesse qu’elles confondent avec des règles. Cela est même très fréquent si le cycle menstruel était chaotique de prime à bord. D’autres ont une prise de poids minime. Au niveau maternel, la femme pouvait souffrir du syndrome des ovaires polykystiques, avoir omis la prise d’un contraceptif oral ou son stérilet s’est légèrement déphasé. La contraception a permis à l’humanité de maîtriser, entre guillemets, la procréation, faisant apparaître au moment voulu un petit bébé. Or, le taux d’efficacité de ces méthodes n’est pas de 100%… Au niveau fœtal, le bébé peut avoir opté pour une position à la verticale dans le giron maternel et le placenta, si positionné à l’avant de l’utérus, fait en sorte que la mère ressent moins les mouvements de bébé.


Nancy Richard


Paru dans Grossesse, Printemps 2015

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