Histoire de mes grossesses du cœur

D’emblée, Bianca Longpré mentionne avoir écrit son livre Mère ordinaire parce que son histoire — ses grossesses du cœur, sa vie de famille et sa réalité de mère —, c’est la plus belle histoire qu’elle ait à raconter. Elle se donne en quelque sorte comme mission de démontrer que la grossesse physique n’est pas le seul moyen d’avoir des enfants à soi. Il n’en fallait pas plus pour que nous ayons envie d’en savoir un peu plus, justement, sur son histoire.

Bianca, vous avez adopté vos enfants au Québec ; pourquoi avoir choisi cette option ?
Dans ma famille, il y avait des enfants qui avaient été adoptés de cette façon. Je connaissais donc cette avenue. Quand est venu le temps d’avoir des enfants, pour être franche, j’ai choisi la façon la plus rapide. Je voulais devenir mère TOUT DE SUITE. J’ai donc appelé au Centre jeunesse de Montréal, et à ce moment-là, il n’y avait presque pas d’attente. C’est ce qui a guidé notre choix.

Pouvez-vous nous expliquer brièvement les étapes d’une telle démarche ?
Premièrement, il suffit de contacter le Centre jeunesse de notre région et prendre les informations à savoir si on répond aux exigences. Par la suite, on assiste aux réunions d’informations et, si cela nous intéresse toujours, on remplit tous les documents. Puis commence l’attente… De quelques mois à quelques années avant d’être évalués. Ensuite, tout va vite. Dès qu’on est acceptés, on peut recevoir un appel pour un enfant !

Combien de temps s’est écoulé entre le dépôt de votre demande et votre première rencontre avec vos enfants ? Comment se déroule ce premier contact justement ?
À l’époque, il y avait plus d’enfants que de parents potentiels. En un an environ, nous avions notre fille. La première rencontre n’est pas comme on peut l’imaginer. L’enfant ne court pas vers nous en criant : « Maman, papa »… L’enfant est souvent apeuré et n’est pas intéressé. C’est un travail d’apprivoisement. On tente tranquillement d’entrer en contact avec l’enfant. Il faut souvent trois ou quatre rencontres pour établir un lien suffisamment fort pour que l’enfant visite notre maison.

Vous souvenez-vous de la première chose que vous avez ressentie lorsque vous les avez vus la première fois ?
Une envie folle de pleurer. Même si ma fille ne me regardait pas, même si elle m’ignorait, cette enfant que j’avais tant attendue était la mienne. Je savais que le lien allait devenir fort. Tout le long, je me retenais pour ne pas pleurer. Je me souviens qu’en sortant de la première rencontre, en arrivant à l’auto, mon mari a pleuré : il ne voulait pas la laisser là, il disait en pleurant que c’était SA fille.

Quel âge avaient vos enfants alors ?
Nos deux premiers avaient un an, et le petit dernier n’avait que quelques jours lorsque nous sommes allés le chercher à l’hôpital.

Comment avez-vous vécu la période d’incertitude avant l’adoption ?
Nous avions décidé de donner le meilleur de nous-mêmes, peu importe si l’enfant allait rester avec nous ou pas. Nous ne pensions pas à un possible départ. Il ne faut pas y penser. Il faut donner le meilleur de nous.

Au moment où vous avez su que vous étiez légalement maman, qu’avez-vous ressenti ?
Du soulagement… En fait, depuis le premier jour, les enfants étaient les miens. Jamais il n’y a eu de différence dans mon cœur. Certains diront que c’est ce qui a officialisé leur adoption ; de mon côté, je n’avais pas besoin de ça pour officialiser quoi que ce soit. Même si j’avais été famille d’accueil pour le reste de ma vie, ils étaient MES enfants dans mon cœur.

Comment arriver à instaurer une véritable fratrie avec des enfants issus de milieux différents ?
Pour les enfants, la fratrie n’est pas une question de sang. Un bébé qui arrive dans une famille, que ce soit du ventre de la mère ou de la « cigogne », c’est pareil pour eux. Le lien se fait très rapidement pour les enfants. C’est une question de quelques jours pour eux.

Si vous deviez revivre le processus, feriez-vous les choses différemment ?
Non.

Que diriez-vous à propos du regard des gens sur votre famille « pas ordinaire » ?
Que l’amour des parents est le même, qu’on adopte les enfants ou que l’on accouche de manière naturelle. Il n’y a pas de différence. Mes enfants sont mes enfants, nous sommes une famille comme les autres avec nos hauts et nos bas. Notre famille est tellement belle, comme celle des autres.

Qu’auriez-vous à dire aux parents qui hésitent encore à adopter au Québec ?
N’hésitez pas. C’est l’expérience d’une vie. Ne laissez pas la peur et les craintes vous empêcher de devenir parents. L’adoption au Québec est bien encadrée, et vous n’aurez pas à payer pour les services… Pourquoi aller loin alors que des enfants d’ici sont disponibles à l’adoption ? Être parents, c’est la plus belle chose du monde.

 

 

Bianca Longpré

https://www.eventbrite.ca/o/bianca-longpre-alias-mere-ordinaire-14740548574
Facebook : MereOrdinaireBiancaLongpre

 


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publié chez Groupe Modus

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Paru dans Moi Parent, Printemps 2019

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