Les hormones, amies ou ennemies?

Vous êtes enceinte? Vous devez certainement vivre certains jours les fluctuations hormonales reliées à la grossesse. Vous savez dorénavant à quel point ces petites molécules sont puissantes et omniprésentes. Vous souhaiteriez parfois les faire taire pour en éviter les symptômes, mais vous savez bien qu’elles sont précieuses pour mener à terme votre mission actuelle: mettre votre enfant au monde.
Par Natacha Lafond

Si la plupart des futurs parents sont conscients du rôle des changements hormonaux durant la grossesse, il en va tout autrement en ce qui concerne leur rôle lors de l’accouchement. Comme la période de temps dévolue à l’accouchement est beaucoup plus courte que celle de la grossesse, les transitions se font beaucoup plus rapidement et on n’a pas le temps de les identifier. Tentons donc de mieux comprendre le rôle primordial de certaines hormones lors de la naissance de votre enfant, afin que vous soyez en mesure de les exploiter à leur plein potentiel.

L’environnement, un facteur clé!
Le corps est une machine merveilleuse qui s’adapte à son environnement en une fraction de seconde. Par exemple, comment expliquez-vous que l’on puisse réagir aussi vite en voiture pour éviter une collision? Il s’agit d’un réflexe généré par la perception d’un danger imminent. Et comment le corps peut-il faire le mouvement nécessaire sans avoir à y penser réellement? C’est grâce à la sécrétion d’adrénaline, qui donne une poussée d’énergie instantanée pour répondre à une menace très proche. Cette hormone a été propulsée dans votre système sanguin à la vitesse de l’éclair grâce au travail de votre cerveau reptilien; il est la source des comportements primitifs qui répondent à des besoins fondamentaux. Il assure entre autres la sauvegarde de l’individu et de l’espèce. Votre corps réagit donc de façon instinctive à son environnement en cas de danger.

Il réagit également dans la situation inverse. Par exemple, vous êtes confortablement installée au chaud, avec votre partenaire, et vous admirez un feu de foyer après avoir fait l’amour. Dans ces circonstances, le corps se sent en sécurité et se permet de relâcher les tensions, de se reposer et même de s’endormir. Tout ça, grâce à certaines hormones, dont l’endorphine qui est notre morphine naturelle qui apaise plusieurs douleurs. Si à ce moment-là un intrus arrivait dans la pièce et vous menaçait, l’adrénaline reprendrait toute la place instantanément afin de vous permettre de vous défendre.

Avez-vous senti le changement d’émotion, de sensation en lisant ces dernières lignes? Imaginez ce phénomène dans le contexte de l’accouchement. L’impact de l’environnement sur nos hormones se traduit de façon totalement involontaire de notre part. Il faut donc y être très attentif.

Accoucher naturellement grâce à vos hormones
On ne se mettra pas la tête dans le sable, accoucher est une étape de vie très intense et représente un défi quant à la résistance à la douleur pour la très grande majorité des femmes. Mais si vous avez en main des outils pour y faire face et pour en diminuer l’impact, vous et votre bébé en ressortirez gagnants à coup sûr.

Lors de l’accouchement, 3 hormones principales sont en jeu dans la gestion et la progression du travail: l’ocytocine, l’endorphine et l’adrénaline. L’ocytocine est l’hormone qui engendre les contractions, leur durée et leur intensité. L’endorphine permet de diminuer la sensation de douleur et l’adrénaline permet de retrouver l’énergie en fin de parcours lors de la poussée. Pour qu’un accouchement se déroule bien naturellement, le corps doit être en mesure de sécréter un maximum d’ocytocine. Or, cette production est étroitement liée à la présence de l’endorphine dans le corps. Ces 2 hormones effectuent un ballet chorégraphié de façon magistrale afin de permettre d’augmenter les contractions tout en offrant une analgésie naturelle au corps afin qu’il puisse l’endurer et se rendre jusqu’à la naissance de votre bébé. Pour que ces hormones essentielles soient produites en bonne quantité, au bon moment, il est primordial que le corps se sente en sécurité et ne produise pas d’adrénaline. J’ai bien dit le corps, pas la tête!

Comme le corps réagit instinctivement à la menace en produisant de l’adrénaline, à la moindre alerte, le cycle de production naturelle des hormones «proaccouchement» cessera afin de protéger le bébé et la maman. C’est le cerveau reptilien qui est à l’œuvre.

Une question de bon sens
Nous avons vu que les hormones sont gérées par la partie instinctive de notre cerveau. Ce n’est donc pas avec des arguments réfléchis et logiques que vous pourrez aider votre corps à faire son travail. Oubliez les paroles et les discussions, il est temps de revenir à l’essentiel. Il faut que vous vous sentiez en sécurité, profondément, sans vous poser de questions. Et c’est votre corps, vos sens qui vous donneront les informations nécessaires et vous confirmeront que c’est le bon moment, le bon endroit pour mettre votre enfant au monde. À ce moment-là, vos magnifiques hormones pourront jouer leur rôle à la perfection.

Le cerveau communique avec l’extérieur via nos 5 sens. C’est grâce à eux que vous appréhendez votre environnement. Il devient donc primordial d’offrir à vos sens les informations dont ils ont besoin pour donner le ok à votre cerveau reptilien.

Tous les signaux envoyés par ces petits gestes et attentions permettent au cerveau de comprendre le message de sécurité et que votre bébé peut maintenant arriver. À l’inverse, si vous vous retrouvez dans un endroit où les néons sont allumés, où plusieurs personnes parlent fort, vous posent des questions, vous gardent éveillée dans votre cortex cérébral, cela peut venir court-circuiter le chemin naturel de vos hormones. Même si vous vous dites rationnellement que l’hôpital est un endroit sécuritaire pour accoucher, les signaux externes sont perçus instinctivement comme une menace par votre cerveau reptilien. Si votre partenaire est inquiet ou à l’affût d’informations, vous percevrez instinctivement son état et votre cerveau pourra l’interpréter comme un signal d’alarme. Qui dit alarme dit adrénaline. Et pouf! L’endorphine vient de régresser et l’ocytocine également. Ce qui se traduit par plus de douleur et un travail qui ralentit ou même arrête. Ce n’est vraiment pas ce qui est souhaité.

Pour reprendre le contrôle, ou plutôt redonner le contrôle à votre corps, l’information et la préparation sont essentielles pour le jour J. Si vous comprenez le phénomène, il sera plus facile le moment venu, pour vous et votre partenaire, de réagir de façon optimale lors du plus beau jour de votre vie. C’est le meilleur moment pour vous laisser aller à votre instinct, dans la confiance et l’amour.


Natacha Lafond
Accompagnante à la naissance et coach de grossesse
La Fée Marraine

Passionnée de grossesse et d’accouchement, Natacha Lafond offre une approche d’accompagnement basée sur la santé, le respect et l’harmonie. Afin que vous puissiez vivre entièrement la naissance de votre enfant, elle vous permet d’avoir accès à de multiples outils permettant la gestion naturelle de la douleur. N’hésitez pas à la contacter pour vivre votre accouchement tel que vous le souhaitez!
www.lafeemarraine.ca / @LaFeeMarraine.ca


Paru dans Maternité Printemps 2018

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