L'ABC du sevrage

L’ABC du sevrage

Le sevrage peut survenir de différentes façons, à divers moments. Il est toutefois important de ne pas le voir comme la solution miracle et infaillible à n’importe quel problème pouvant survenir pendant l’allaitement. Prenez le temps de bien y réfléchir. Il s’agit d’un passage que vous et votre enfant vivrez ensemble.
– Par Sophie Lesiège

Il existe différents types de sevrage, à vous de voir celui qui vous convient le mieux.

Sevrage naturel: On permet à l’enfant de se détacher du sein à son propre rythme.
L’âge du sevrage naturel est très variable d’un enfant et d’une famille à l’autre. Si les recommandations de l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois et de la poursuite jusqu’à deux ans sont claires et connues, l’âge du sevrage naturel l’est moins. La relation d’allaitement peut se poursuivre tant et aussi longtemps que la dyade mère-enfant s’y sent bien et heureuse. Il n’est pas rare que les enfants conservent une tétée de soir jusqu’à trois ou quatre ans. C’est loin d’être comme l’allaitement du nouveau-né. Un nourrisson peut téter plus de 15 fois par 24 heures alors qu’un bambin demande habituellement le sein beaucoup moins souvent. Il est curieux et souvent le sein est beaucoup moins intéressant que l’exploration de son univers. C’est magique de savoir que notre enfant aura des souvenirs de ses moments passés au sein. Il ne faut surtout pas penser que les enfants allaités des années seront moins autonomes et moins confiants dans l’avenir. C’est plutôt le contraire. Un être humain pour qui les besoins primaires ont toujours été comblés fera un adulte fort et confiant.

Sevrage planifié: Arrêt progressif de l’allaitement.
On supprime alors une tétée par jour sur une période de quelques jours, puis on en supprime une autre quand l’enfant semble prêt et réceptif. Il est toutefois recommandé de multiplier les marques d’affection et de prendre ce moment pour faire une activité telle que de la lecture, un casse-tête ou un dessin. Il est préférable de supprimer la tétée la plus importante pour notre enfant en dernier. C’est souvent celle de l’heure du coucher. Toutefois pour éviter de passer trop de temps sans allaiter (ce qui peut causer des engorgements) il est idéal de conserver aussi celle du matin, quand c’est possible.

Sevrage soudain: Arrêt brusque de l’allaitement, sans avis ou préparation. C’est parfois inévitable, mais il est préférable de le faire de façon plus graduelle.

Le sevrage soudain est rarement un passage obligé. Il découle souvent d’une situation très particulière, par exemple si on doit recevoir des traitements de chimiothérapie. Assurez-vous d’offrir beaucoup de contact physique et de tendresse à votre enfant. Une douleur intense, des mastites et des changements hormonaux qui augmentent le risque de dépression sont quelques risques du sevrage soudain. Il se peut que vous soyez inconfortable et que vous vous sentiez engorgée suite à un sevrage brusque. Appliquez de la chaleur pour favoriser l’écoulement du lait et du froid pour soulager l’enflure. Il est important, selon l’âge de l’enfant, de remplacer adéquatement le lait maternel par un autre produit d’adapté.

Grève de la tétée
Ça fait des mois que votre bébé tète bien, puis subitement, il se met à refuser le sein. Qu’est-ce que cela signifie? Votre lait est-il en cause? Votre bébé est-il malade? Est-il prêt à se sevrer?
Un bébé qui refuse de téter n’est pas nécessairement prêt à se sevrer. S’il a moins d’un an et ne mange pas beaucoup d’aliments solides ou ne boit pas beaucoup au verre à bec, il est très peu probable qu’il soit prêt à délaisser l’allaitement. Ce bébé fait vraisemblablement une grève de la tétée. Pour le bébé, la grève de la tétée est sa façon de dire que quelque chose ne va pas.

Certaines grèves de la tétée arrivent brusquement, d’autres se produisent plus graduellement. Si la mère encourage son bébé à reprendre l’allaitement, une grève de la tétée dure habituellement de deux à quatre jours, mais ça peut être plus long. Certains bébés sont plus coopératifs la nuit ou en périodes de somnolence. Pendant cette période, il est important de nourrir le bébé grâce à une méthode alternative d’alimentation et de tirer son lait aussi souvent que le bébé aurait tété pour maintenir la production de lait. Des moments privilégiés avec le bébé, par exemple le peau à peau, peuvent aussi être d’un grand secours.

Sentiment de la mère
Les sentiments de la mère sont souvent partagés face au sevrage. Leur enfant grandit et elles en sont fières, mais c’est aussi habituellement le deuil d’une étape importante. Surtout lorsqu’il s’agit du dernier enfant de la famille. Vous pouvez contacter une marraine d’allaitement pour discuter de ce que vous vivez. Elle saura vous écouter et vous comprendre. Sachez qu’il est important d’impliquer aussi son conjoint dans le processus. De partager avec lui de vos sentiments face à la situation.

Lentement mais sûrement!
Mettre fin à l’allaitement n’est pas une mince affaire. L’important, c’est d’y aller graduellement, autant que possible.
⁃    Respecter le rythme de l’enfant;
⁃    Éliminer une tétée à la fois et attendre quelques jours avant d’en supprimer une autre;
⁃    Offrir beaucoup d’affection et de contact physique à votre enfant;
⁃    Éviter de sevrer votre enfant parce que vous retournez au travail ou que vous êtes à nouveau enceinte


Sophie Lesiège, monitrice bénévole de la Ligue La Leche
1.866.Allaiter
information@allaitement.ca
www.allaitement.ca
514 990-8917

Références:
L’art de l’allaitement maternel, éditions Ligue La Leche, 2005
À propos du sevrage, quand l’allaitement se termine, éditions Ligue La Leche, 2003
Le traité de l’allaitement format de poche, éditons Ligue La Leche, 2006


Paru dans Grossesse, Été 2012

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