Le baby-blues et la dépression périnatale, ça se traite!

Vivre l’arrivée d’un bébé est un évènement des plus heureux, mais c’est aussi un moment de grande transformation autant physique, hormonale que psychologique. Le besoin d’adaptation qui en résulte peut créer une vulnérabilité psychologique.
Par Malika Morisset Bonapace

En effet, on constate que le suicide est la première cause de mortalité maternelle durant la grossesse et l’année qui suit l’accouchement. La bonne santé psychologique durant cette période revêt donc une importance cruciale.

Comprendre l’apparition de difficultés durant la période périnatale
Cette période implique un nombre considérable de changements et donc d’ajustements:

– Des bouleversements physiques
Des transformations majeures en très peu de temps dans le corps de la femme. En plus de devoir fournir davantage d’énergie à son corps pour répondre aux besoins du bébé, la future maman aura également à accepter la transformation de son image corporelle.

– Des bouleversements hormonaux
La période périnatale peut être comparée à un tsunami hormonal. Certaines hormones vont augmenter jusqu’à 1000x leur niveau durant la grossesse et chuter brusquement à l’accouchement. Cette variation peut atteindre l’état émotionnel.

– Une modification des habitudes de vie
Avec l’arrivée d’un bébé, nombre d’habitudes de vie vont se modifier. Par exemple, la modification de notre rythme de sommeil peut avoir une répercussion sur notre équilibre psychologique.

– De nouvelles responsabilités
Prendre soin d’un enfant est une responsabilité sérieuse qui implique nombre de prises de décisions. Le besoin de se sentir à la hauteur et la confrontation aux regards des autres peuvent créer une pression psychologique qu’il faudra gérer.

– Un changement de la dynamique conjugale
Devenir parents implique d’accorder nos valeurs, nos façons de faire et souvent de faire des compromis, d’exercer sa tolérance. Cela demande une bonne communication dans le couple dans un moment où la fatigue et le manque de temps peuvent diminuer la fréquence des relations sexuelles.

Une question d’équilibre
L’équilibre entre les divers aspects de sa vie, social, physique, mental et économique, est la source d’une bonne santé mentale. Les difficultés et défis de la vie peuvent parfois déséquilibrer notre santé psychologique. Toutes les adaptations inhérentes à la période périnatale peuvent faire émerger ou exacerber des difficultés, ce qui en fait un moment où la vulnérabilité psychologique se trouve accrue.

Baby-blues passager ou dépression?
Le baby-blues
Le baby-blues survient en général 3 ou 4 jours après la naissance du bébé et dure de quelques jours à deux semaines. Il est présent chez 50 à 80% des femmes. C’est une déprime passagère attribuée en grande partie aux variations hormonales et à l’adaptation au rôle de parent. Elle se caractérise par une plus grande émotivité (sautes d’humeur, crises de larmes, tristesse), de l’irritabilité, de l’anxiété ou un sentiment d’être dépassée par les évènements. On peut aussi remarquer une perte d’appétit, des troubles de sommeil et de concentration et de la fatigue.

Le baby-blues se résorbe de lui-même après une courte période. Il n’est donc pas considéré comme une condition pathologique. Le soutien de l’entourage (se confier à ses proches, se faire offrir du soutien pour avoir des moments de repos) contribuerait à réduire les symptômes dans les semaines suivant l’accouchement. Par contre, si les symptômes s’intensifient et persistent au-delà de deux semaines, le baby-blues peut évoluer vers une dépression. Il est alors recommandé de consulter un spécialiste en soutien psychologique rapidement.

La dépression
La dépression est un trouble de l’humeur qui se manifeste presque tous les jours pendant au moins deux semaines. Le plus souvent, elle entraîne un état de détresse ou de souffrance et peut interférer avec le fonctionnement de la personne, notamment en entravant sa capacité d’accomplir certaines de ses activités quotidiennes. Environ 10% des femmes souffrent d’une dépression pendant leur grossesse et environ 10% à 20% vivent une dépression après la naissance de l’enfant (généralement de deux semaines à six mois après l’accouchement).

Les symptômes les plus courants de la dépression sont une humeur triste ou irritable, une perte d’intérêt pour les activités ou de plaisir pendant celles-ci (il est courant d’observer la diminution de la libido), une variation de l’appétit ou du poids, des troubles du sommeil, de l’agitation ou un ralentissement psychomoteur, de la fatigue ou une perte d’énergie, un sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive (sentiment d’être une mauvaise mère, difficulté à développer un lien affectif avec le bébé), des difficultés de concentration ou de l’indécision et enfin des pensées de mort ou des idées suicidaires. Il est important de prendre ces symptômes au sérieux, car sans traitement adéquat, la dépression peut s’ancrer, se prolonger et venir perturber l’équilibre familial.

Il est à noter toutefois que certains symptômes retrouvés dans un épisode dépressif (fatigue, variations de l’appétit, sautes d’humeur) peuvent faire partie d’expériences normales de la période périnatale. Ainsi, pour bien faire la distinction entre des symptômes «normaux» et des symptômes de dépression, notez qu’il faut consulter…

  • Si les symptômes du baby-blues s’intensifient et persistent au-delà de deux semaines.
  • Si vous avez au moins cinq des symptômes de la dépression avec au moins un des symptômes d’une humeur dépressive ou une perte d’intérêt ou de plaisir.
  • Si vous expérimentez une souffrance importante et/ou si votre fonctionnement est altéré (ex. capacité à accomplir vos tâches quotidiennes, à maintenir vos relations interpersonnelles).

Si vous répondez positivement à l’une de ces questions ou si vous avez des interrogations, il est important de consulter un service de soutien psychologique périnatal qui vous permet d’évaluer au mieux votre situation, de vous donner des stratégies performantes et de vous accompagner à retrouver un équilibre de vie.

La thérapie cognitive comportementale
Retrouver son équilibre! C’est ce que vise cette approche. La thérapie cognitive-­comportementale propose des interventions brèves, concrètes et efficaces, axées sur les difficultés présentes de la personne. Son but est de vous aider à régler vos difficultés actuelles ou éventuelles et à éviter leur réapparition. Vous devriez ressentir une amélioration après quelques séances. Un suivi dure en moyenne de 10 à 20 rencontres.

La clinique de psychologie périnatale en ligne dirigée par la Dre Malika Morisset Bonapace, Docteure en psychologie spécialisée en périnatalité offre ce service. Un suivi psychothérapeutique comprend:

  • Une évaluation psychologique
  • L’élaboration d’un plan de traitement
  • Une compréhension des processus psychologiques en œuvre
  • Une collaboration dans la mise en pratique du traitement psychologique

Mais rien de mieux que le témoignage enthousiaste d’une maman pour vous donner un aperçu des bienfaits de ce suivi.

«La thérapie a été extrêmement efficace. Travail débutant par un bon ménage du passé et se terminant par des rencontres plus axées sur le présent et les habitudes comportementales. Ces dernières semaines m’ont prouvé que mes mécanismes de pensées avaient profondément changé. Ce qui m’a le plus aidé a été d’être en contact régulier avec une personne ultra performante qui pouvait enfin me comprendre. Elle a su me mettre en confiance. Cela m’a permis, petit à petit, de lui dévoiler mes pensées. C’était la clé pour effectuer une vraie guérison. J’ai adoré la mission de ma thérapeute qui était de me montrer des outils à utiliser moi-même en situations difficiles.»


Malika Morisset Bonapace
Docteure en psychologie et fille de Julie Bonapace, auteure de la méthode Bonapace, dont l’expertise en périnatalité est reconnue mondialement.
www.lasourceensoi.com


Paru dans Maternité, Été 2017

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