Le placenta: Nutritif pour bébé… et pour maman!

Le placenta: Nutritif pour bébé… et pour maman!

De plus en plus de femmes entament des démarches en période prénatale afin d’obtenir l’autorisation de leur médecin traitant ou de leur sage-femme pour repartir à la maison avec leur bébé sous un bras… et leur placenta de l’autre! Mais, que font ces femmes avec le précieux organe nourricier?
Par Nancy Richard

Par définition, le placenta est un organe de synthèse qui assure toutes formes d’échanges entre la mère et son fœtus. Ce dernier est complètement formé au cinquième mois de grossesse. Toutefois, les échanges entre maman et bébé débutent dès la quatrième semaine de gestation. Par la suite, du cinquième mois jusqu’à l’accouchement, le placenta grossira sans modifier sa structure primaire.

La création du placenta dit la placentation doit s’effectuer à chaque grossesse. La mère en concevra un nouveau pour chaque enfant qu’elle portera.

À terme, le placenta s’apparente drôlement à un disque ovale ayant pour diamètre entre 15 et 20 cm et 2 cm d’épaisseur. Ce dernier pèse tout près de 600 g, ce qui représente environ le 1/6 du poids du bébé!

Dépendamment de l’angle que vous zieutez le placenta, il aura une apparence fort différente. Du côté fœtal, il possède un aspect lisse et plutôt lustré et c’est de ce côté que prend racine le cordon ombilical. Le cordon a pour longueur moyenne une cinquantaine de centimètres et un diamètre approximatif de 2 cm. Trois vaisseaux sanguins le sillonnent : une veine sert de voie de transmission d’oxygène et de nutriments et deux artères servent de conduits afin de ramener le sang souillé et appauvri vers la mère. Finalement, du côté maternel, le placenta arbore une apparence assez spongieuse. C’est donc de ce côté que le placenta s’attache à la paroi utérine. S’il s’immisce trop bas dans le fond utérin, cette situation peut devenir problématique. C’est ce que l’on appelle le placenta praevia. Le fait d’avoir un placenta praevia ou une dilatation prématurée du col utérin sont les deux seules contre-indications à avoir des relations sexuelles avec pénétration vaginale.

Bref, ce système de filtre complexe est expulsé hors du corps de la maman, lors de la phase de délivrance de l’accouchement, dans l’heure suivant la naissance du bébé.

La triple fonction placentaire
Régulateur
En premier lieu, le placenta sert de modulateur en ce qui concerne les échanges fœtomaternels. Ces derniers sont de deux ordres : respiratoire et nutritionnel .
Fait important à souligner : en aucune circonstance le sang de la mère n’entre en contact direct avec celui du fœtus. Il n’y a donc aucune possibilité de mélange sanguin via une communication directe. Tous les échanges, oxygène et éléments nutritifs, sont régis et ont lieu via les parois des vaisseaux et villosités.

Sécréteur
Deuxièmement, le placenta est au centre d’un processus excrétoire hormonal. L’hormone chorionique gonadotrophique (hCG) et l’hormone chorionique somatotrophique dite hormone placentaire lactogène (hCS) y sont sécrétées.
D’ailleurs, la production lactée est amorcée au niveau chimique/hormonal seulement qu’à la sortie du placenta, de là découle l’importance de vérifier s’il est entier. Sinon, auquel cas la nouvelle mère risque de subir un choc toxique, voire une septicémie, car le morceau restant sera alors vu par l’organisme comme étant un corps étranger.

Protecteur
Le dernier rôle et non le moindre est celui de grand protecteur du fœtus. Ce dernier est soumis à diverses molécules étrangères potentiellement nocives et dangereuses. Le placenta aide donc à filtrer et à barrer le chemin aux bactéries, micro-organismes et autres substances néfastes, dont les médicaments, l’alcool et le tabac. En ce qui concerne les virus, le placenta les repoussera jusqu’au cinquième mois de gestation, moment précis où le fœtus développera ses propres anticorps pour se défendre.

Qu’advient-il du placenta après la naissance?
Une fois expulsé, cet organe est relégué au rang des déchets biologiques. Le médecin doit s’assurer de l’emballer adéquatement et doit en disposer de façon sécuritaire. Ce dernier sera incinéré. Or, de nombreuses mamans souhaitent le rapporter avec elle à leur domicile.

Il est souhaitable de se renseigner auprès de son obstétricien ou sa sage-femme en ce qui a trait aux protocoles en vigueur. Il y aura plusieurs documents particuliers à remplir afin d’obtenir l’autorisation légale à sortir le placenta hors de l’enceinte de son établissement hospitalier ou de sa maison de naissance.

Une fois à la maison, vous pourriez disposer de votre placenta de diverses façons.

Réaliser une œuvre d’art
Moyennant un coût minime, vous pourriez enjoliver la chambre à coucher de votre nourrisson par une œuvre d’art unique en son genre.

Le courant du «placenta art» existe depuis belle lurette. Il vous suffit d’avoir sous la main une feuille de papier assez grande et de l’encre ou de la peinture. Enduisez votre placenta de votre moyen artistique côté fœtal puis imprimez-le sur votre papier. Le résultat final s’apparentera drôlement à un arbre, l’arbre de la vie de votre petit bébé. Le placenta, si l’on prend la peine de l’observer attentivement, s’apparente drôlement à un réseau de branches, de rameaux et même de brindilles.

Si vous adorez le camaïeu de couleurs automnales, pourquoi ne pas jouer avec les couleurs? Utilisez allègrement des teintes de jaune, de vert, de rouge et d’orange. Sinon, utilisez la même couleur que la décoration de la chambre.

À défaut d’avoir sous la main du matériel de peintre, vous pourriez simplement le faire immédiatement après l’accouchement, le sang servant d’encre.

Mettre de l’avant un autre arbre de la vie
Si vous êtes plus jardinier qu’artiste, vous pourriez songer à planter votre placenta sous un arbre. Unissons les deux idées suivantes : le placenta symbolisant la protection ultime, l’arbre devenant protecteur de la Terre Mère. Le résultat est fascinant : l’arbre deviendra le protecteur présent de l’enfant et du protecteur passé de ce dernier. En tant que parent, il vous sera captivant de voir votre végétal grandir et s’épanouir tout comme votre petit trésor!

Si cette tradition vous intéresse, vous pourriez vous acheter un arbre fruitier ou décoratif ou même bénéficier de programmes gratuits tels Une naissance, un arbre ou Mon arbre à moi.

Sinon, si les coutumes celtes vous inspirent, vous pourriez sélectionner l’arbre associé à la date de naissance de votre enfant. Le calendrier celte se découpe en moins de 28 jours et débute le 24 décembre.

Arbres associées aux mois de naissance
Dates – Arbres
24 décembre au 20 janvier – Bouleau
21 janvier au 17 février – Sorbier
18 février au 17 mars – Frêne
18 mars au 14 avril – Aulne
15 avril au 12 mai – Saule
13 mai au 9 juin – Aubépine
10 juin au 7 juillet – Chêne
8 juillet au 4 août – Houx
5 août au 1er septembre – Noisetier
2 septembre au 29 septembre – Vigne
30 septembre au 27 octobre – Lierre
28 octobre au 23 novembre – Tilleul
24 novembre au 23 décembre – Sureau

Le consommer sous diverses formes
Saviez-vous que l’humain est le seul mammifère qui ne mange pas de façon systématique son placenta? Le fait de manger son placenta se nomme la placentophagie.

De nombreux bénéfices concrets découlent de la consommation placentaire:

  • Augmentation du niveau d’énergie;
  • Diminution du risque d’incidence de baby blues;
  • Régulation du taux de fer;
  • Régulation du taux d’hormones;
  • Augmentation de la production lactée.

Si vous souhaitez opter pour cette avenue, vous pourriez l’ingérer sous forme de smoothie avec des fruits frais ou sous forme de fricassée. Si vous faites cuire votre placenta dans un poêlon, vous pourrez rapidement vous apercevoir que sa texture viandeuse s’apparente drôlement à celle d’un foie. Sinon, une autre façon plus facile de l’avaler est de le faire sous forme de capsules.

L’encapsulation de cette riche denrée
Moyennant un coût approximatif de 300$, vous pourriez faire parvenir votre placenta à des spécialistes qui procéderont à l’encapsulation de ce dernier.

Pour ce faire, voici les étapes en question:

  • Déshydratation du placenta;
  • Réduction du placenta en poudre;
  • Insertion de ladite poudre dans des gélules.

Même si vous ne souhaitez pas repartir avec votre placenta, soyez curieuse. Demandez à l’observer après votre accouchement. Vous réaliserez la beauté et la complexité de cet organe que vous avez fabriqué avec amour, pour répondre aux besoins de votre bébé.


Nancy Richard
Directrice Marketing Bébé Auric 
www.bebeauric.com
Présidente du Regroupement Mieux-Être Famille 
www.regroupementmieuxetrefamille.com
Éducatrice périnatale et blogueuse La venue de la cigogne 
www.lavenuedelacigogne.com
438-738-9473

Bibliographie

  • INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC. «Mieux vivre avec notre enfant 2013 de la grossesse à deux ans    Guide pratique pour les mères et les pères» Québec, 2013, 776 p.
  • MARIEB, Elaine N. & Katja HOEHN. «Anatomie et physiologie humaines» ERPI, Québec, 2010, 1293 p.
  • Petit Larousse de la médecine, Larousse, Espagne, 2007, 1151 p.
  • RICHARD, Nancy. «De bedon à poupon Guide d’informations prénatales et postnatales» Québec, 2013, 215 p.
  • WEST, Zita. «La grossesse au naturel» Éditions Hurtubise HMH, Québec, 2002, 160 p.
  • www.arfe.fr
  • www.vivaplacenta.com

Paru dans Grossesse, Hiver 2015

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