Le + tant espéré

Le + tant espéré

La plupart des jeunes adultes, tant hommes que femmes, vont un jour ou l’autre entendre le cliquetis de l’horloge biologique. Le désir de se reproduire et de mettre au monde un enfant est l’une des plus intenses sensations que l’on peut ressentir.
Par Nancy Richard

L’heure d’enclencher ce merveilleux projet de vie varie cependant d’une personne à une autre. Certains conviennent d’avoir des enfants au début de la vingtaine de par leur forme physique, leur niveau d’énergie et le souhait de passer le plus de temps possible avec leur progéniture. D’autres vont plutôt attendre d’avoir terminé leurs études, posséder une maison et une voiture et surtout un emploi stable et permanent. Or, parmi tous les futurs parents potentiels, bon nombre espèrent malheureusement longtemps la venue de la cigogne…

L’infertilité
Synonyme de stérilité, l’infertilité correspond en fait à l’incapacité pour un couple de concevoir un enfant.Les difficultés de conception sont souvent en lien avec des fausses couches à répétition ou tout simplement à l’infertilité d’un ou des deux partenaires. Selon Tremblay et Gariépy (1997), entre 12 et 20% des couples en âge de procréer expérimentent des problèmes de fertilité. De ces couples, 40 à 50% réussiront par la suite à concevoir un enfant sans assistance médicale.

De plus, Statistique Canada mentionne que le taux d’infertilité a doublé en 20 ans et est donc passé à 16%. Avant de consulter, n’angoissez pas pour rien. Rien n’est totalement acquis. Il se peut que, pour accomplir le miracle de la vie, il ne vous faille plus d’un mois d’essais. Rares sont ceux y arrivant dès la première fois.

Si, malgré des relations sexuelles fréquentes ayant lieu lors de la fenêtre de l’ovulation, vous n’y parvenez pas au bout d’un an ou de six mois si vous êtes une femme âgée de plus de 35 ans, mieux vaut prendre un rendez-vous auprès d’un médecin spécialiste.

Les causes de l’infertilité
Comme n’importe quelle condition médicale, l’infertilité est multifactorielle. Ceux propres aux femmes sont: des ovaires polykystiques, l’anovulation, l’endométriose, des fibromes et/ou une salpingite.

Pour leur part, les hommes peuvent faire face à une anomalie des spermatozoïdes (aspermie, azoospermie, oligospermie, etc.). Diverses maladies, le tabagisme, l’alcoolisme et la toxicomanie peuvent aggraver cette condition.

De part et d’autre, une infection transmissible sexuellement peut mener à l’infertilité.

Bref, les causes de la stérilité se découpent en quatre niveaux:

  • Le sperme
  • L’ovulation
  • Les voies génitales (femmes et hommes)
  • L’incompatibilité entre le sperme et le milieu génital féminin

Entamer des démarches
Si les résultats sont tombés sur vos épaules comme une tonne de briques, vous pouvez choisir ou non d’entreprendre des démarches auprès d’une clinique de fertilité.

Tout au long de ce processus laborieux, vous pourriez ressentir des sentiments ambivalents.

Vous surferez entre l’espoir de mettre au monde un enfant, la perte du contrôle de votre corps, une sexualité plus dirigée et moins spontanée et de l’anxiété notamment lors de l’ovulation.

Si cycle après cycle rien ne se passe, la déception pourrait céder sa place à la frustration, la culpabilité, l’isolement et même la dépression.

N’hésitez pas à aller consulter un psychologue. Les sentiments que vous ressentez sont légitimes; parlez-en à une personne à l’oreille attentive.

Les deux grandes méthodes
Avant de vous lancer dans une technique de procréation assistée quelconque, vous aurez à subir de nombreux tests. En voici quelques exemples:

Examen physique

  • Bilan sanguin
  • Frottis vaginal
  • Hystérosalpingographie
  • Laparoscopie
  • Spermogramme
  • Etc.

Après l’analyse minutieuse des données, votre médecin pourrait vous proposer deux méthodes distinctes: l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro.

D’abord, en ce qui a trait à l’insémination artificielle, cette procédure consiste à injecter du sperme au niveau de l’orifice interne du col à l’aide d’un pistolet à cet effet. Les spermatozoïdes poursuivront ensuite leur chemin vers l’ovule.

Sinon, la fécondation in vitro consiste à féconder un ou des ovules en laboratoire, puis de les replacer dans la cavité utérine. Cette technique est surtout envisagée dans les cas de troubles liés aux trompes de Fallope.

Cette méthode se divise en quatre phases distinctes que voici:

  • Stimulation ovarienne via des injections d’hormones
  • Collecte de gamètes
  • Réunion des gamètes
  • Insertion d’embryons dans la cavité utérine

Peu importe la méthode utilisée, d’autres professionnels gagnent à être consultés afin d’aller chercher des conseils complémentaires salutaires à la poursuite d’une grossesse en santé.

  • Naturopathe
  • Nutritionniste
  • Acupuncteur
  • Chiropraticien
  • Ostéopathe
  • Etc.

Petite parenthèse: si l’un des partenaires ne peut procurer ses propres gamètes (ovules ou spermatozoïdes), vous pourriez avoir recours à un don via une banque publique. Soyez généreux; étant donné que les donneurs ne reçoivent qu’une mince compensation, les banques baissent à vue d’œil…

Programme québécois de procréation assistée
Même si la survie du programme semble en péril, sachez que la majeure partie des interventions sont couvertes par la Régie de l’assurance maladie. Pourquoi s’en priver?

Le fameux + sur le test
Félicitations, vous serez parents dans neuf mois!

La grossesse sera un moment joyeux, mais sachez que de nombreuses émotions contradictoires feront leur apparition.

Au début, vous pourriez avoir peur et être très anxieuse de vous laisser aller complètement au bonheur et à vous attacher de peur de vivre un deuil pénible. Vous pourriez même peiner à croire que vous êtes réellement enceinte. Autre manifestation : être très, voire trop, à l’écoute de votre corps. Chaque petit pépin de santé pourrait vous rendre très inquiète pour votre bébé.

L’art du lâcher-prise sera votre premier défi de parent. Vous avez attendu si longtemps avant de réaliser votre rêve; laissez-vous dorénavant bercer par lui.

Note: une grossesse extrêmement stressante est un facteur de prévalence à la dépression post-partum.

En somme, si vous êtes infertile, brisez l’isolement. Parlez-en à des membres de votre famille, à des amis et même à des professionnels. Évacuez votre surplus d’émotions et ne gardez pas tout pour vous. Le fait de discuter de cette situation accablante vous permettra plus aisément de tourner la page afin d’en écrire une nouvelle.

Croyez toujours en vous et en vos rêves. L’Association canadienne de sensibilisation à l’infertilité stipule que: «Un couple canadien sur six est incapable de concevoir dans les douze premiers mois.»  Si cela ne fonctionne pas au-delà de ce délai, il y aura toujours pour vous la possibilité d’aller en clinique de fertilité ou bien même vers l’adoption. Même si le processus pour avoir enfin un enfant semble long et lourd, vous serez vite récompensés par son premier sourire à votre égard.

La perspective d’avoir un enfant à soi ou tout simplement de vivre l’agréable période de la grossesse peut rendre euphoriques toutes les femmes. Or, certaines d’entre elles expérimenteront de pénibles épreuves pour y arriver.

Cet article vise à donner une lueur d’espoir à quiconque souhaitant vivre un jour la maternité. Le lourd cheminement ne fait que rendre la venue du petit poupon encore plus souhaitée et magique.


Nancy Richard
Directrice Marketing BébéAuric
www.bebeauric.com
Présidente du Regroupement Mieux-Être Famille
www.regroupementmieuxetrefamille.com
Éducatrice périnatale et 
blogueuse La venue de la cigogne
www.lavenuedelacigogne.com

Ressource:
Association canadienne de sensibilisation à l’infertilité
Association des couples infertiles du Québec
Seréna Québec
Fertilys
Groupe d’entraide ex : En espérant bébé par Kate Peticlerc
OVO
Procrea

Bibliographie:
Petit Larousse de la médecine, Larousse, Espagne, 2007, 1151 p.
RICHARD, Nancy & Marie-Claude Blais. «Lueur» Québec, 
2009, 136 p.
RICHARD, Nancy. «Ceux qui nous effleurent de leurs ailes» 
Québec, 2014, 113 p.
TREMBLAY, Serge & Isabelle GARIÉPY. 1997. 
«L’impact psychosexuel de l’infertilité et de son traitement», 
Revue sexologique, 5(1): 11-25.


Paru dans Grossesse, Printemps 2015

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