Maladies infectieuses, effrayantes, mais peu fréquentes!

Bien avant de devenir enceinte, tous, y compris les conjoints, devraient entreprendre certains changements en ce qui concerne leur hygiène de vie… surveiller leur alimentation, faire davantage d’activité physique, apprendre à gérer leur stress, et pourquoi pas, en profiter pour faire un bilan de santé?
Par Nancy Richard

En effet, certaines maladies ou infections non diagnostiquées ni traitées peuvent amener de lourdes conséquences chez le fœtus. C’est notamment le cas de diverses pathologies et même infections transmissibles sexuellement. Ce serait tellement dommage que la source même de la création d’un enfant lui occasionne des conséquences…

Voici donc les maladies pour lesquelles les parents, parfois plus spécifiquement les futures mamans, peuvent transmettre à leur progéniture, si elles ne sont pas traitées.

Les streptocoques B
Vers la 36e semaine de grossesse, le médecin ou la personne responsable du suivi de grossesse procédera à un prélèvement par frottis vaginal/anal. Ce test vise à vérifier si la mère est porteuse d’un streptocoque B qui est en fait une infection de type bactérienne.

20 % à 30 % des femmes en sont porteuses. Il s’agit en fait de la même bactérie qui nous fait gratouiller le fond de la gorge. Généralement sans danger pour l’adulte, cette infection peut provoquer des malformations plus graves chez le nouveau-né non traité. Pour cette raison, par voie intraveineuse, on instaure à la maman qui en est atteinte un protocole d’antibiothérapie dès le début de l’accouchement. La parturiente recevra une dose d’antibiotique toutes les quatre heures durant son travail. Pas de panique si votre accouchement se déroule à la vitesse de la lumière! Le spécialiste présent, lors de votre accouchement, vous expliquera les étapes à franchir.

La fameuse «picote»
Une femme enceinte qui attrape la varicelle avant sa 20e semaine d’aménorrhée, même par des postillons, pourrait mener son fœtus à développer des lésions du système nerveux.

C’est donc pour cette raison, entre autres, que les femmes qui doivent travailler en présence de fluides biologiques se voient proposer un retrait préventif, dès le début de leur grossesse. C’est la nouvelle CNESST (anciennement CSST) qui s’occupera de leur verser un salaire durant les semaines de grossesse.

Si maman contracte plutôt la varicelle dans la 2e moitié de sa grossesse, le nouveau-né sera plus enclin à développer un zona durant sa petite enfance. Si le bébé naît avec une varicelle néonatale, il pourrait avoir des éruptions hémorragiques, une surinfection à staphylocoque, une pneumonie varicelleuse et même en mourir, dans 30 % des cas. Par chance, cette condition est plutôt rarissime.

La chlamydia
Causée par une bactérie à parasitisme intracellulaire, la chlamydia peut engendrer une urétrite chez l’homme et une salpingite avec atteintes aux trompes de Faloppe chez la femme. Du coup, les risques de grossesse ectopique sont accrus. Au moment de sa naissance, le bébé recevra une dose d’antibiothérapie de type érythromycine en onguent dans ses yeux.

La gonorrhée
Synonyme de blennorragie ou, dans le langage commun, de «chaude-pisse», la gonorrhée peut se transmettre au bébé lors de l’accouchement. Cela se manifeste par une forme de conjonctivite. Tout comme pour la chlamydia, le traitement préventif consiste en l’application d’un onguent à base d’érythromycine.

La gonorrhée, même asymptomatique, peut porter atteinte aux trompes de Fallope, augmentant l’incidence d’une grossesse ectopique. Si la gonorrhée est contractée pendant la grossesse, il y a augmentation des risques de rupture prématurée des membranes.

Le saviez-vous?
Saviez-vous que l’application de routine d’onguent à base d’érythromycine chez le nouveau-né remonte à la Deuxième Guerre mondiale? Durant leur service militaire, les soldats avaient parfois des aventures extra-conjugales et à leur retour du combat, ils étaient gênés de l’avouer à leur conjointe. Afin de prévenir les risques en lien avec la chlamydia et la gonorrhée, les médecins ont mis de l’avant un protocole d’administration de cet antibiotique pour tous. La Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada ont cependant décrété que l’application de cet antibiotique ne devrait plus être une intervention de routine…

La rubéole
Si la femme enceinte contracte la rubéole en début de grossesse, cela accroît les risques de fausse couche ou de problèmes graves développés par le fœtus. La répercussion la plus grave de cette maladie se nomme «syndrome de la rubéole congénitale». Le bébé peut souffrir de cataractes, de surdité, d’anomalies congénitales diverses et d’une surdimension du foie et de la rate.

C’est pour cette raison d’ailleurs que le responsable de suivi de grossesse procède à une batterie d’analyses sanguines en début de grossesse afin de vérifier l’état d’immunisation de la future maman.

Le cytomégalovirus
De la famille du virus de l’herpès, le cytomégalovirus, lorsque contracté, amènera la personne qui en est infectée à ressentir des symptômes similaires à ceux de la grippe. Quoique très rare, le fœtus pourrait alors souffrir de troubles de l’ouïe ou de déficience mentale.

La toxoplasmose
Tout comme le cytomégalovirus, lorsque développée, la personne atteinte ressentira des symptômes s’apparentant à ceux de la grippe. Dans de très rares cas, une fausse couche pourrait survenir. Sinon, le bébé pourrait être atteint d’hydrocéphalie.

La listériose
La listeria est une bactérie présente dans les aliments ou la litière du chat. Cette bactérie a tendance à se proliférer dans le placenta, causant des symptômes grippaux, pouvant aller jusqu’à causer une fausse couche tardive ou une mort in utero. Durant les 9 mois de grossesse, confiez donc les bons soins de minou (si papa ne lit pas l’article, faites-lui la blague qu’il en est de même durant l’allaitement, hihihi!).

Aussi, lavez à fond les fruits et légumes provenant de l’épicerie et même ceux issus de votre potager. Les matous du secteur ont peut-être utilisé votre jardin comme litière collective…

L’herpès génital
Une personne atteinte du virus de l’herpès simplex 2 le sera toute sa vie. Une mère atteinte recevra en fin de grossesse une antibiothérapie préventive afin de prévenir une récidive. Si la mère a toutefois une lésion active au moment de l’accouchement, elle subira une césarienne pour éviter les risques de contamination du bébé au moment de l’expulsion. Les conséquences les plus graves de contamination mère-bébé de l’herpès génital sont l’encéphalite et la méningite herpétique.

Le VIH
Une mère séropositive ou atteinte du SIDA sera surveillée étroitement durant sa grossesse. 20 % des nouveau-nés séropositifs développent le SIDA durant leur 1re année de vie et mourront avant l’âge de 4 ans.

La syphilis
Cette infection causée par la bactérie treponema pallidum, surtout contractée après la 15e semaine d’aménorrhée, infectera le placenta, et du coup, le fœtus. 70 % des femmes enceintes la transmettront à leur bébé, 1/3 des fœtus en décèdent, 1/3 des fœtus seront au 2e stade de la maladie à leur naissance et 1/3 des fœtus développeront une syphilis congénitale avec crises (retard de croissance, lésions, jaunisse, anémie et même microcéphalie).

ITS et lait maternel
Certaines infections transmissibles sexuellement le sont également via le lait maternel, dont le VIH. Si vous souhaitez faire un don de lait maternel via la banque de lait d’Héma-Québec, vous seriez refusée à titre de donneuse, si vous étiez porteuse d’une infection transmissible sexuellement.

À la lueur de toutes ces informations, pourquoi ne pas passer des tests de dépistage contre les ITS en phase de préconception? Pourquoi ne pas se renseigner avant même de concevoir quant à son pedigree d’immunité? Parce que mieux vaut prévenir que guérir.


Nancy Richard
PDG du Groupe Cybèle
École de formation périnatale mobile La venue de la cigogne,
Agence de baby planning Cigogne Coup d’Aile, Éditions Cybèle
www.maisoncybele.com


Paru dans Maternité, Hiver 2018

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