Petite histoire du « papa joueur »

Le rôle des pères a beaucoup évolué depuis les 20 dernières années. Ils sont passés d’un extrême à l’autre, des pères pourvoyeurs plus ou moins présents aux papas engagés et donneurs de soins. Faisant partie de cette nouvelle génération, je voulais n’être rien de moins qu’un papa 2.0 exemplaire.
Par 
Marc-André Pelland, D.O.

Bien que la volonté y fût, je n’avais aucune expérience et surtout aucune idée de ce que le rôle de père représentait réellement. C’est donc en toute naïveté que je me suis lancé dans cette aventure. Je me suis vite aperçu que ce serait bien plus ardu que prévu! J’ai réalisé que, dès la naissance de son enfant, une mère développe, grâce à la grossesse et à l’accouchement, un lien spécial que le papa n’aura jamais. Oui, j’étais le papa de cet enfant, mais encore très loin d’être un papa 2.0, tandis que ma conjointe, elle, était déjà une maman à part entière. Ça se voyait, ça se sentait entre elle et le bébé. C’est à ce moment que j’ai compris que le lien entre le père et son enfant doit être consolidé après la naissance de l’enfant et qu’il sera de toute évidence différent… mais tout aussi important.

Dans mon désir de créer ce lien avec mon enfant, je me suis mis à réfléchir à ce que je pouvais lui apporter et à comment j’allais réussir à prendre ma place. C’est donc avec mes connaissances acquises en tant qu’ostéopathe spécialisé dans la méthode Pilates et avec mon amour pour le jeu et le sport que j’optai pour la stratégie du « papa joueur ». Le but de cette technique est de créer un lien avec l’enfant, tout en l’accompagnant, dans le plaisir, vers une prise de conscience de son corps et en lui permettant de déployer ses capacités motrices. C’est facilement accessible pour tous, car cette approche consiste simplement à jouer avec votre enfant en lui faisant faire de l’exercice.

Lorsqu’il naît, l’enfant possède déjà tous les neurones qu’il faut pour apprendre. Toutefois, il a besoin d’être stimulé pour que des liens se créent entre ses neurones et que l’information circule. Plus il y a de liens, plus l’enfant peut acquérir des habiletés et des connaissances. La technique du papa joueur peut donc se faire dès la naissance du bébé, ce qui est formidable, car c’est justement à ce moment que je me sentais si inutile. Peu à peu, j’ai senti que j’apportais autre chose à mon enfant, que je devenais lentement un papa engagé, un « papa joueur » !

Comment y arriver ?
Durant la première année de vie de votre tout-petit, toutes les étapes de son développement moteur l’aident à développer son équilibre. En effet, lorsqu’il apprend à tenir sa tête, à rouler sur lui-même, à s’asseoir, à marcher à quatre pattes et à se tenir debout, il développe sa stabilité. Et lorsqu’il tombe, il apprend à réagir en gardant son équilibre pour éviter de tomber de nouveau. L’équilibre joue aussi un rôle dans le sentiment de sécurité de votre enfant. La technique du papa joueur est une bonne façon de renforcer cette habileté importante.

Par la suite, lorsqu’il sera âgé d’à peu près trois ans, l’accent sera mis sur le développement des habiletés athlétiques qui lui permettront l’acquisition des automatismes requis par les activités sportives.

Parmi ces habiletés, citons par exemple :
Sauter en avant, en arrière, sur les côtés, à l’extérieur et à l’intérieur d’une surface.
Sauter à pieds joints et à cloche-pied en alternant pied droit et pied gauche.
Courir en franchissant des obstacles et en changeant brusquement de direction.
Lancer avec le membre inférieur placé de façon controlatérale.
Attraper un ballon en décollant les coudes de la poitrine.
Faire rebondir un ballon et commencer à dribbler avec les membres supérieurs.
Donner un coup de pied dans un ballon.
Ramper, se suspendre, galoper, frapper, pousser, tirer, glisser, tourner, rouler sur le dos…

Bien s’étirer pour bien se développer
Pour améliorer son développement, il est aussi recommandé d’apprendre très tôt à l’enfant les techniques d’auto-étirement. Elles lui serviront toute sa vie, car l’amplitude articulaire décroît très rapidement dès la puberté et doit être entretenue régulièrement. Les étirements peuvent être inclus dans un moment de détente ou encore sous forme de mouvements de yoga. De plus, tout comme chez l’adulte, il est possible d’inclure des exercices de méditation chez l’enfant. La méditation peut être introduite par l’imaginaire : s’étendre sur le sol et s’imaginer sur du sable chaud au bord de la mer ou encore sur un tapis de fleurs qui nous chatouillent le dos. Cela éveillera ses perceptions sensorielles et sa conscience corporelle.

Être un papa joueur, c’est aussi être aux premières loges du développement neuromoteur et neurosensoriel de votre enfant, ce qui permet de déceler rapidement toute anomalie. Si tel est le cas, une prise en charge immédiate par votre médecin peut prévenir de futurs problèmes. N’hésitez pas à consulter si vous avez des doutes. Le plus tôt sera le mieux. Et n’oubliez pas que la collaboration entre votre médecin et un autre professionnel de la santé peut grandement aider votre enfant à mieux se développer. Bref, si comme moi, vous êtes un nouveau papa qui désire apporter une amélioration dans la vie de son enfant, devenez, vous aussi, un papa joueur. C’est simple, efficace et amusant !


Marc-André Pelland, D.O.
Membre d’Ostéopathie Québec
Ostéopathe clinicien – Clinique Inspiration, Laval
www.cliniqueinspiration.com


Paru dans Moi Parent, Été 2018

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